Premier marché de l’univers des produits carnés, la volaille, diététiquement correcte et présente dans 98 % des foyers, est dopée par le récent engouement des consommateurs pour les productions standard.
;
Selon le bilan 2009 Kantar Worldpanel, les achats des ménages en volaille/lapin/produits élaborés se sont redressés de 2,4 % en GMS dans un contexte tous circuits à + 1,6 %, défiant l’univers des viandes (hors élaborés) à - 0,2 %. « Hormis une légère contre-performance enregistrée chez les consommateurs de 35-49 ans [achats en recul de 0,7 % – Ndlr], notamment au sein des familles avec jeunes enfants (- 1,8 %) et majeurs (- 4,3 %), la consommation de volaille progresse en taux de pénétration, nombre d’actes d’achat et quantités achetées par acte », commente Comaral Marketing.
Recul des productions fermières Diététiquement correcte, dépourvue de freins socio-culturels majeurs et source de protéines, la volaille est présente dans 98 % des foyers (+ 0,2 % par rapport à 2008) qui en achètent 22 fois par an, près d’un kilo (970 g) par acte. Sans doute cette tendance a-t-elle bénéficié du repli des PVC moyens (- 1,3 % tous circuits), atteignant - 2 % en hypers et supermarchés (hors hard-discount). « Pénalisées par un pouvoir d’achat en berne, les productions fermières reculent au profit des productions standard », commente pour sa part Dominique Charrier, le directeur marketing volaille du groupe LDC, soulignant cependant la bonne résistance de Loué. « Si les achats de volaille ont gagné quelque 9 000 tonnes en 2009, la quasi-totalité de la croissance est réalisée par le poulet standard », précise de son côté Vincent Ghyselen. Chiffres du panel consommateurs à l’appui, le directeur marketing du groupe Doux (Père Dodu) souligne l’avancée remarquable du taux de pénétration sur le poulet standard (+ 10 %), tandis que les adeptes des qualités fermières et certifiées reculent respectivement de - 1,4 et - 5,5 %. Face au regain d’intérêt pour les volailles standard qui dynamise les ventes de la catégorie, les stratégies de marques se poursuivent. Lancé au 2e semestre 2008, le Choix du Chef de Père Dodu ambitionne de s’imposer comme référent de la catégorie en défendant accessibilité et qualité, des atouts protégés par un film breveté allongeant la DLC. « Avec plus de 3 800 tonnes, les volumes de Père Dodu ont quadruplé en deux ans, la demande a doublé en hypermarchés, et Le Choix du Chef est présent dans 65 % des magasins », calcule Vincent Ghyselen. Dans la foulée du poulet entier Le Choix du Chef, les découpes “Format Economique” ont suivi. Génératrice de volumes additionnels, cette gamme en formats familiaux s’inscrit en fond de rayon.
L’identité des éleveurs Conformément au positionnement de la marque défendant “le poulet sous toutes ses formes”, Maître Coq (Arrivé-groupe LDC) lancera en mai les Eleveurs de Nos Régions. Poulets (blancs et jaunes), pintades et coquelets entiers, la gamme a la particularité de révéler l’identité des éleveurs : « Une filière composée d’hommes et de femmes attentifs à la bonne conduite de leurs élevages », précise Chantal Philippe, responsable marketing chez Arrivé. Tandis qu’une médaille présente la photo de l’éleveur, l’adresse de l’exploitation est indiquée sur l’étiquette et la composition de l’alimentation des volailles mentionnée. Atout inspiré de l’initiative de Père Dodu, les poulets et pintades Eleveurs de Nos Régions adoptent un conditionnement sous atmosphère protectrice permettant d’allonger la DLC. Outre des BRI et opérations promotionnelles organisées autour de la Coupe du monde de football, le lancement de cette gamme bénéficiera d’un jeu on-pack permettant de gagner des livres de recettes sur le poulet. Dans le même temps, Père Dodu promet de doubler ses investissements publicitaires en 2010 pour soutenir trois vagues télévisées. « Contre toute attente, les achats des ménages en produits élaborés de volaille ont globalement décollé de 5 % », souligne par ailleurs Chantal Philippe, en insistant sur le fait que « les consommateurs sont toujours en quête de produits prêts à consommer, malgré les inquiétudes liées au pouvoir d’achat ». Aussi, l’optimisme des opérateurs est de rigueur quant à l’avenir des élaborés de volaille. Persévérant sur cette piste, Maître Coq Bio ambitionne de poursuivre le recrutement par la segmentation. Cette gamme fédère désormais des manchons et ailerons de poulet rôti bio pour les adeptes du “sachet”, tandis que les foies et gésiers de volaille crus issus de poulets fermiers bio séduiront les cuisiniers. Pour sa part, Gastronome capitalise sur le segment des élaborés cuits où les volumes de manchons et ailes s’érodent (- 7 %). S’inspirant des succès de l’enseigne de restauration KFC, la marque Douce France estampille des Crousti’ailes, des ailerons de poulet croustillants.
Le canard est valorisé Par ailleurs, le groupe LDC poursuit sa croisade contre la banalisation des découpes crues à coup de nouvelles promesses et d’opérations publi-promotionnelles. Après la tendreté inscrite sur les Tendres Marinades et les pavés de volaille Extra-Tendres (taillés dans le cœur du filet), les principaux développements 2010 valorisent le canard. Tandis que l’emballage sous skin des découpes de canard Le Gaulois préserve la fraîcheur et garantit au distributeur 14 jours de DLC, la coupe exclusive des filets de canard Façon Entrecôte facilite leur cuisson. De leur côté, les escalopes de dinde milanaises Le Gaulois s’enrichissent d’une recette chapelure tomate & origan. Signe de son succès, la gamme est soutenue en télévision depuis septembre 2009. Si les progressions des élaborés crus et cuits de volaille font couler beaucoup d’encre, leurs tonnages encore restreints montrent que ces segments restent soumis aux arbitrages des consommateurs.
Sylvie Monzie
19 avril 2010
Shems redéploie son offre
Avec des progressions annuelles estimées à 15 % depuis 1998 et concernant une population musulmane forte de 5,5 millions de personnes, les produits halal constituent la nouvelle pépite de l’alimentaire. Parce que les musulmans sont de gros consommateurs de volaille (70 kg par an, soit trois fois plus que la moyenne), cet univers attise les convoitises. Aussi, les marques nationales proposent des produits licites et dûment certifiés respectant les éléments de modernité et de praticité attendus par les consommateurs. Dans les espaces dédiés au halal, ces exigences se traduisent par l’arrivée de gammes dupliquant les meilleures rotations non halal. Tandis que Reghalal (LDC) s’enorgueillit d’être la seule marque transversale (volaille, traiteur et charcuterie) avec une centaine de références dont la moitié en volaille, Shems passe à l’offensive. Estimant le potentiel de la volaille halal à 10 % du marché total, soit environ 44 000 tonnes, la marque halal du groupe Gastronome estampille une large gamme de volailles entières, découpes et produits élaborés, y compris au rayon rôtisserie. Profitant de la saison estivale pour élargir sa diffusion, Shems bénéficie d’une animation promotionnelle véhiculée par 60 000 produits dont la mécanique de remboursement différé promet “un produit saveur de l’été acheté, le 2e à moitié prix”. Du 11 août au 10 septembre, les fêtes du ramadan permettront de prolonger l’été en mettant en exergue conditionnements familiaux et grands plateaux. Shems (qui signifie “soleil”) est issue de huit sites du groupe volailler dont les pratiques et process sont dûment certifiés par la grande mosquée de Lyon. Son identité graphique orientale est assortie d’informations répondant aux exigences des musulmans en termes de confiance et qualité.
S. M.
19 avril 2010
Les marques valorisent les produits barbecue
Concentrant plus des trois quarts des volumes (78 %) de mi-mai à début septembre, l’été est le moment fort des produits élaborés crus. En progression proche de 10 %, « la saison 2009 a gagné des acheteurs sur le cœur de cible (les moins de 49 ans) et recruté parmi les consommateurs plus âgés grâce à l’avancée de propositions saines et simples », analyse Delphine Guilloteau, chef de produit gammes saisonnières Le Gaulois. Chez Le Gaulois, naturalité et simplicité s’expriment notamment sur le segment des saucisses (+ 23,8 %), prisé des consommateurs exigeants avec une offre allégée en matières grasses, sans exhausteur de goût ni colorants ni arômes artificiels. Et les saucisses de volaille aux 5 légumes Douce France surfent sur les préoccupations nutritionnelles. Après avoir optimisé son identité visuelle, Douce France promet de supprimer arômes et colorants des découpes marinées et brochettes, tandis que Maître Coq insiste sur ses engagements nutritionnels transversaux (sans conservateur ni colorant, et teneur en sel inférieure à 25 % des apports journaliers recommandés). Sur le segment des brochettes (près de 40 % des volumes), l’enjeu consiste à redresser la contre-performance de ce poids lourd (- 0,2 %) pénalisé notamment par une offre jugée “industrielle”. Pour renouer avec la gourmandise, Le Gaulois propose des brochettes de filets de dinde accompagnés de morceaux de fruits et légumes frais (courgettes, tomates, pommes, pruneaux…) ou encore des plateaux Duo composés de brochettes de dinde et de poulet. Pour sa part, Douce France élargit son offre de brochettes de dinde aux tomates confites, et Maître Coq combine poulet extra-tendre, abricots et pruneaux.
Du poulet précuit à cœur En progression de 29 %, les découpes marinées font recette, notamment auprès des jeunes en quête de produits simples à cuisson rapide. Le Gaulois s’inspire de ces attentes pour initier des tranches de filet en marinade conditionnées sous skin. Dans le même temps, ailerons, hauts de cuisses et pilons de poulet Maître Coq adoptent une marinade Africa (coriandre, gingembre…) Mais surtout, la marque d’Arrivé-LDC réduit le temps de cuisson du barbecue. Bénéficiant du process Rapid’Grill, les cuisses et hauts de cuisses de poulet marinés paprika Maître Coq sont précuits à cœur, entraînant une cuisson deux fois plus rapide. Toutes les espèces, même le lapin, se veulent simples et pratiques. Dans cet esprit, Loeul et Piriot (un tiers des abattages français) propose des râbles tranchés fins à la provençale. Au barbecue ou à la poêle, cette référence arbore les principaux engagements de l’entreprise (alimentation 100 % végétale, origine France et viande source d’oméga-3). A l’instar des labels Loué et St Sever, Douce France ambitionne de créer un segment premium en exploitant les valeurs des volailles fermières du Gers (36 % de notoriété totale). Brochettes de poulet aux pruneaux, sélection fermière en piperade, manchons de poulet et saucisses de poulet du Gers bénéficient d’une campagne radio en régions Sud-Ouest et Sud-Est, accompagnée de BRI (25 000 produits porteurs).
S. M.
19 avril 2010
Susciter des envies de lapin
Points de Vente – La consommation de lapin a reculé de 6 % en 2009. Comment expliquez-vous ce bilan ? Dominique Le Cren – Notre filière n’échappe pas au recul global de la consommation de produits carnés, à l’exception toutefois de la volaille et des produits élaborés favorisés par leur praticité de mise en œuvre. Par ailleurs, la concurrence entre espèces a été exacerbée par une pression promotionnelle accrue, des PVC moyens en baisse et la multiplication des mises en avant. Enfin, tandis que le lapin est pénalisé par un temps de préparation jugé trop long par le consommateur, l’espèce souffre d’un manque de visibilité en linéaires.
Quelles sont les actions mises en place par le CLIPP pour faire émerger le lapin en linéaires ? Après avoir multiplié stop-rayons, stickers et autres outils de PLV, nous encourageons les points de vente à baliser le linéaire et créer un effet de masse. Cette signalétique simple doit faire revenir le lapin dans l’esprit du consommateur et susciter les achats d’impulsion. En effet, selon une étude Segments, 47 % des achats de lapin sont des actes spontanés et cette proportion atteint 63 % chez les moins de 45 ans. Nous devons également séduire des consommateurs plus jeunes et plus aisés en proposant des modes de cuisson et références dans l’air du temps. Produits marinés et barbecue illustrent les efforts des opérateurs.
Le lapin était récemment présent en campagne radio. Ce dispositif sera-t-il étoffé en 2010 ? “Le lapin, la bonne idée !” reviendra sur les ondes (RTL et Europe 1) du 23 septembre au 16 octobre. Cette campagne visant à remettre le lapin en mémoire en défendant ses qualités nutritionnelles (oméga-3, vitamines, faibles calories) sera reconduite en 2011 en trois vagues, avec un budget de 1,2 M€, en augmentation de 40 % par rapport à notre enveloppe actuelle. Pour optimiser l’impact de notre modeste budget, nous avons réservé des blocs week-ends pour la diffusion du spot rythmé par le titre Lady Marmelade !
Consommer. D’un acte quotidien, tantôt banal, tantôt nécessaire, parfois jouissif, la crise en a fait un obstacle de plus au pouvoir d’achat des Français. Résultat : ils consomment moins. Selon l’Insee, les dépenses des ménages en biens ont reculé, en moyenne, de 0,5 % en 2011. Du...