Grâce à la tendance des confitures et autres desserts faits maison, le rayon sucre, avec un taux de pénétration de près de 95 %, est en pleine forme. Il est notamment porté par les sucres spéciaux et les gélifiants.
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C’est moi qui l’ai fait”. Si ce célèbre slogan publicitaire n’avait pas déjà été utilisé, les intervenants du marché du sucre l’auraient inventé pour promouvoir leurs produits. Avec succès. En effet, depuis un an, il enregistre une hausse de 2,4 % en volume pour atteindre 237,7 millions de tonnes et de 3,5 % en valeur, soit 358,4 M€ (source Nielsen, cumul annuel mobile à fin juillet 2009). Le segment des morceaux classiques, qui représente 57 % des ventes, est toujours à la baisse (- 2,6 % en volume et - 4,8 % en valeur). Les autres familles, à l’exception des édulcorants, des allégés et des festifs, progressent. Ces belles performances sont principalement dues au désir et au goût des consommateurs de préparer eux-mêmes leurs desserts et confitures. Une envie, certes, mais pas seulement. Car cette tendance, qui prend place dans une situation économique fragile, reflète la volonté des ménages de mieux maîtriser leurs dépenses.
Nombreuses innovations produits Afin de répondre à ces attentes, les acteurs du marché multiplient les innovations produits. Tout le travail de valorisation se fait sur le chiffre d’affaires des sucres spéciaux pour compenser la baisse de consommation. Et les efforts se concentrent tout particulièrement sur la catégorie pâtisserie, en progression de 8,5 % en volume et de 17 % en valeur (source Nielsen, cumul annuel mobile à fin juillet 2009). Béghin-Say, le leader toutes catégories, a lancé il y a un an une gamme de sucres aromatisés (Vanille bourbon, Cannelle des Indes, Citron) en doypack. Idéale pour aromatiser des yaourts nature, saupoudrer une crêpe ou remplacer le sucre classique dans une tarte aux pommes, elle sera enrichie de nouvelles saveurs en 2010. « La difficulté consiste à trouver des parfums qui plaisent au plus grand nombre », souligne Bernard Michel, directeur marketing et innovation Béghin-Say. L’autre produit réservé à la pâtisserie, le sucre glace, affiche une hausse de 11,3 % en volume et 15,2 % en valeur. De quoi susciter l’intérêt des fabricants. Saint Louis a ainsi mis en rayon, en avril dernier, une nouvelle référence : le moulin à sucre glace. « Nous sommes partis du constat que les saupoudreuses actuelles ne sont pas pratiques pour cuisiner », indique Marc de Forsanz, directeur marketing Saint Louis. A travers cette innovation, le n° 2 du marché répond à deux attentes : un saupoudrage précis et une absence de grumeaux. A l’approche de la période phare pour la consommation du sucre glace – en novembre – ce produit devrait remporter un certain succès.
Les sucres gélifiants à l’honneur Sur le segment des spécialités, les gélifiants enregistrent les plus belles performances, avec une hausse de 15,4 % en valeur et 12,7 % en volume. « Nous connaissons une bonne saison pour les fruits, ce qui impacte directement la consommation de sucre », commente Mathieu Simonin, responsable marketing Eurosugar (marques Daddy et Erstein). L’été a été riche en fruits dans les jardins, et sur les étals, les prix étaient très abordables. Résultat : les foyers mitonnent à nouveau des confitures. Ainsi, en deux mois, juin et juillet, la catégorie des sucres gélifiants a connu une augmentation de 30 % en volume. Une aubaine pour Eurosugar qui a lancé Ma Nouvelle Confiture en 2008 pour cibler une consommatrice plus urbaine, souhaitant faire des confitures à froid. Mais aussi pour Dr.Oetker, qui bénéficie d’une gamme de quatre produits permettant de réaliser des confitures plus allégées en sucres : deux sucres gélifiants Fruttina et deux gélifiants Priz. Et lorsque l’on sait que le taux de pénétration des sucres à confitures atteint 13 %, on imagine l’éventuelle marge de progression. Parallèlement au développement de sucres pour la pâtisserie et les confitures, les fabricants poursuivent leur travail de valorisation afin de compenser la baisse de la demande, une des conséquences directes du Plan national Nutrition Santé. « Aujourd’hui, les consommateurs sont face à un dilemme car on leur dit de faire attention aux sucres transformés », constate Mathieu Simonin, chez Eurosugar. Parmi les différentes réponses apportées par les fabricants, Eurosugar a rationalisé le grammage d’un morceau de sucre en lançant le sucre rond Daddy en avril 2008. « Il s’agit d’une réponse très engagée car il existe très peu d’innovations sur le sucre en morceaux, la première catégorie du marché », glisse Mathieu Simonin. Mais les plus fortes évolutions sont à noter du côté des emballages, qui constituent aujourd’hui un véritable moyen de se différencier des autres marques nationales et des MDD.
La carte de l’emballage Tetra Pak Ainsi, le sucre en poudre qui, pour la première fois cette année, dépasse le sucre en morceaux en termes de ventes, bénéficie de nombreuses innovations packaging. Ce dynamisme se traduit par de nouveaux emballages hermétiques comme les doypacks et les profil packs. « Nous remarquons une certaine attente sur ce type d’emballages totalement hermétiques, souples et transparents, avec un bouchon permettant un dosage facile », commente Bernard Michel, chez Béghin-Say. Les plus fortes progressions enregistrées par le leader Béghin-Say se font d’ailleurs sur tous les nouveaux emballages proposés en format 750 g : sucre en poudre, sucre extra-fin, sucre de canne. Saint Louis joue la carte de l’emballage Tetra Pak. « Notre volonté consiste à remplacer le tube classique de 500 g ou de 1 kg avec bec verseur par ces emballages », confie Marc de Forsanz, directeur marketing Saint Louis. Cet objectif ne l’empêche pas de développer de nouveaux formats.
Un design très étudié La marque vient ainsi de lancer un coffret de 100 bûchettes, un produit adapté au grand public, au design très étudié. Surfant sur cette tendance, les intervenants du marché concentrent donc leurs efforts sur des produits sophistiqués qui apportent une certaine praticité. Cette stratégie leur permet également, en plus de valoriser leur offre, de faire face à la montée en puissance des MDD, qui ne cessent de grignoter des parts de marché. Et même si la plupart d’entre elles se positionnent sur des sucres classiques et des marchés de niche, à l’image de Carrefour Agir et de la gamme Teva de E.Leclerc, elles atteignent aujourd’hui 28 % du marché en volume. A l’avenir, elles devraient prendre un maximum de 50 % de part de marché. Par ailleurs, la communication s’impose comme un moyen efficace pour se différencier des MDD. Alors que le marché reste encore peu promotionné par rapport à d’autres rayons alimentaires, les marques nationales travaillent sur de nouveaux outils. Eurosugar, après avoir revu le positionnement de sa marque Daddy en 2007, a choisi de signer un partenariat avec l’émission de télé Nouvelle Star. Une première pour un sucrier. « Pour nous, ce partenariat véhicule les valeurs du groupe comme les enfants, la famille. Ce sont des valeurs positives », confie Mathieu Simonin, responsable marketing Eurosugar, qui déclare également : « Nous souhaitons donner de la valeur à la marque. » Sur internet, le groupe multiplie les efforts.
Les marques investissent la Toile En avril 2009, le site daddyprimetime.fr a été développé. Désormais, toutes les marques, ou presque, cultivent leur image sur la Toile. Béghin-Say décline sa communication sous forme de jeux et chaque vague de promotions est soutenue par un dispositif en ligne. Dr.Oetker propose des recettes de confitures sur son site et les consommateurs peuvent s’inscrire au Club Pâtissier, une communauté interactive. L’année prochaine, une campagne de bannières sur Google et de la publicité sur les sites de cuisine sont également au programme. Autant d’initiatives qui confirment la volonté des intervenants de se remettre sans cesse en question. L’effervescence du marché a du bon.
Eurosugar, après avoir revu le positionnement de sa marque Daddy en 2007, a choisi de signer un partenariat avec l’émission de télévision “Nouvelle Star”. Une première pour un sucrier.
Sidonie Wathier
05 octobre 2009
Les édulcorants en perte de vitesse
Les consommateurs boudent les produits allégés. Logiquement, cette tendance à la baisse se répercute aussi sur le rayon du sucre. La catégorie des allégés pèse 16,5 M€ et affiche un recul de 5,8 % en valeur. Quant aux édulcorants non caloriques (54,8 M€), ils enregistrent une baisse de 4,4 % en valeur (source Nielsen, cumul annuel mobile à fin juillet 2009). Peu d’intervenants sont présents. En effet, derrière le leader Canderel (61,9 % de part de marché en valeur et 46,8 % en volume), on retrouve les marques de distributeurs (22,7 % en valeur et 27,9 % en volume), Hermesetas (7,5 % en valeur et 6 % en volume) et Splenda (2,4 % en valeur et 1,5 % en volume). Ce dernier devrait d’ailleurs disparaître prochainement des rayons. Dans un tel contexte, le leader du marché multiplie les efforts en France pour fidéliser ses consommateurs. Canderel, qui fête ses 30 ans cette année, en profite pour donner la parole à ses consommateurs.
La version pocket de Canderel Depuis la mi-2008, la marque a développé une stratégie sur internet permettant aux inscrits – ils sont environ 500 000 – de s’exprimer. Par ailleurs, jusqu’à la fin de l’année, elle vend une version pocket avec quatre décors différents dessinés en interne. Et comme chaque année, il faudra attendre les fêtes de Noël pour découvrir en exclusivité chez Colette, le concept store parisien, une édition réalisée par les porcelaines Bernardaud et éditée en 250 exemplaires au prix de 110 €. Quant au deuxième intervenant, Hermesetas, il ne cesse de gagner des parts de marché. Depuis trois ans, la marque explose et enregistre une croissance à deux chiffres, voire à trois chiffres, sur l’ensemble des segments où elle est présente. Et sur cette catégorie peu dynamique en termes d’innovations, Hermesetas lance ce mois-ci un mini-stick en poudre, promis, selon des études consommateurs, à un bel avenir. Mais surtout, Hermesetas s’apprêterait à révolutionner le rayon en proposant une gamme d’édulcorants naturels fabriquée à partir d’une plante, la stévia, déjà vendue en pharmacie et parapharmacie.
Un soda déjà positionné
« Cela fait deux mois que nous attendons une réponse de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), nous en avons déjà parlé avec les distributeurs et ils sont prêts à le commercialiser en 60 jours », glisse Olivier Bonnel, directeur marketing de Hermesetas. Une réponse positive est arrivée le 6 septembre dernier. Désormais, les produits à base de stévia, une plante originaire du Paraguay, sont autorisés par les instances sanitaires françaises. Une célébrissime marque de soda s’est déjà positionnée. A suivre…
S. W.
05 octobre 2009
Toujours plus de naturalité
Depuis quelques années, la catégorie pure canne (50,9 M€ et 24,7 t), profite de l’engouement des consommateurs pour les spécialités. Elle enregistre ainsi une croissance de 9 % en valeur et de 6,4 % en volume (source Nielsen, cumul annuel mobile à fin juillet 2009). Ces belles performances incitent les marques à innover constamment. En termes de produits bien sûr mais pas seulement. Le sucre de canne, qui bénéficie déjà d’une image naturelle, connaît depuis peu une déclinaison de certaines références en bio. Eurosugar a lancé en février 2009 un sucre de canne bio assorti d’une certaine accessibilité pour les consommateurs. « Nous représentons une marque familiale et le bio ne doit pas être réservé à une élite, c’est pourquoi nous avons lancé Daddy sucre bio », explique Mathieu Simonin, responsable marketing Eurosugar. Cet effort permet également au groupe de cibler une clientèle plus jeune et plus urbaine, réceptive au discours entourant les produits bio. Côté packaging, Eurosugar joue également la carte responsable en proposant un profil pack composé de 16 g de plastique contre 96 g pour une boîte classique Daddy. « Nous travaillons sur cette gamme avec l’objectif d’en faire le futur étui carton. C’est un développement européen et nous y croyons énormément », ajoute Mathieu Simonin. Saint Louis vient également de mettre sur le marché un nouveau pack Tetra Pak de 750 g, idéal pour toucher les foyers avec enfants. Le leader du marché Béghin-Say se positionne avec sa référence Blonvilliers en pack bio et équitable. « En tant que leader des sucres de canne, nous ne pouvions pas ne pas nous lancer. Aujourd’hui, nous avons encore peu investi et la difficulté consiste à trouver une place dans les linéaires », explique Bernard Michel, directeur marketing et innovation Béghin-Say. Et si les rotations ne sont pas encore exceptionnelles, le potentiel reste important. Ce ne serait, selon les marques nationales, qu’une question de temps.
Consommer. D’un acte quotidien, tantôt banal, tantôt nécessaire, parfois jouissif, la crise en a fait un obstacle de plus au pouvoir d’achat des Français. Résultat : ils consomment moins. Selon l’Insee, les dépenses des ménages en biens ont reculé, en moyenne, de 0,5 % en 2011. Du...