Points de Vente – Quel intérêt les distributeurs ont-ils à réduire leurs stocks aujourd’hui ? 25/01/2010 Réduire ses stocks sans pénaliser les ventes


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25 janvier 2010

Réduire ses stocks sans pénaliser les ventes


Comment optimiser la gestion des stocks magasin ? Les conseils de Nicolas Bouvet, responsable chez Accenture de l’activité supply chain management pour la distribution.

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Points de Vente – Quel intérêt les distributeurs ont-ils à réduire leurs stocks aujourd’hui ?
Nicolas Bouvet –
Nous sommes dans une période de sortie de crise molle avec, sur l’année 2009, des niveaux de décroissance du PIB ou des niveaux de croissance de la consommation des ménages très limités. Ainsi, chaque opportunité pour limiter les coûts et générer des revenus est importante et impactante pour les distributeurs. Réduire ses stocks en fait partie.
Par ailleurs, la distribution et la supply chain sont marquées par une transformation en profondeur avec quatre évolutions majeures : des changements dans le jeu concurrentiel avec de nouveaux formats aux surfaces réduites qui ont poursuivi leur dévelop­pement ; une évolution du contexte réglementaire avec la LME, qui a impacté les conditions générales de vente (CGV) ; une évolution du comportement consommateur, avec de nouveaux arbitrages entre produits et services ; enfin, des évolutions en matière de supply chain, avec notamment une tendance aux sourcings lointains, en Chine entre autres, à l’accélération du cycle de vie des produits et de nouvelles problématiques de flux.
Tout cela pousse les distributeurs à rechercher de nouvelles pratiques sur les stocks et/ou à améliorer leurs process. Et pour cause : en comparant les process des entreprises, on peut observer de grosses différences en termes de performance selon le choix du système de gestion de stocks. C’est donc un enjeu significatif pour les distributeurs.

L’objectif est donc de réduire les stocks au maximum ?
L’objectif est d’améliorer la performance d’un magasin ou d’une chaî­ne de magasins. Il s’agit donc de réduire les stocks, mais sans gêner la performance commerciale (réduction des stocks en garantissant la non-rupture en fin de journée). Il existe bien souvent de vrais axes d’amélioration dans la gestion des stocks disponibles. Bien sûr, les besoins et les contraintes varient selon l’activité du distributeur. Les problématiques d’un hypermarché alimentaire sont différentes de celles d’un spécialiste du textile ou de la cosmétique. Mais de manière générale, un distributeur a la possibilité de réduire ses stocks de 20 à 40 % au global.
Un des challenges majeurs consiste à maintenir cette performance sur les stocks dans le temps. En effet, les stocks des distributeurs évoluent souvent à l’image d’un édredon – en se comprimant sous la pression (projet), puis en retrouvant la forme initiale (le niveau de stocks) lorsque cette pression se relâche. Toute la difficulté est donc de ne pas seulement mener une opération coup de poing, mais bien de pérenniser les actions mises en place afin de conserver une bonne performance en matière de gestion de stocks.

Comment procéder pour réduire intelligemment ses stocks ?
La méthode de base est d’identifier les endroits où il y a des surstocks, les causes de ces surstocks et de mettre en place des mesures adaptées. Dans la distribution, il peut y avoir des surstocks au niveau du magasin comme au niveau de l’en­trepôt. Et on peut facilement identifier plusieurs grandes familles de causes de surstocks, la première étant la gestion du cycle de vie d’un produit. En effet, la capacité à bien gérer ce cycle de vie et notamment la fin de vie d’un produit est l’une des principales pistes d’amélio­ration. Chez certains distributeurs, la part de produits déréférencés peut atteindre plus de 10 % des stocks. Or, il s’agit bien de stocks dont on ne veut plus. Et l’idéal est de vendre ces produits et donc de mieux anticiper leur déréférencement. Un distributeur peut, par exemple, anticiper de deux mois la sortie du linéaire en mettant en place un processus de gestion adap­té comme une démarque, entre autres, pour s’assurer que le stock baisse régulièrement avant la sortie définitive du produit.
Autre grande cause de surstocks : la détention et un merchandising inadapté. Dans n’importe quel point de vente, il existe des produits qui ont des ventes très faibles. Ces produits varient selon le point de vente et la zone de chalandise. Il s’agit donc, dès le départ, de bien choisir ses produits. Et pour ceux qui ont de très faibles ventes, il s’agit de limiter le nombre de produits détenus. En linéaire, un article en façade peut suffire pour les références à faible rotation. L’objectif est donc d’opti­miser la détention pour chaque produit et chaque magasin et d’opti­miser le merchandising en adaptant le visuel de présentation pour les produits à faibles ventes.
Revoir l’approvisionnement et le conditionnement d’approvision­nement sont également des pistes importantes d’amélioration dans la gestion des stocks. Il est en effet capital d’avoir des paramètres d’ap­provisionnement adaptés et optimisés afin de réduire les stocks sans causer de rupture. Toute la difficulté pour un distributeur est de gérer deux indicateurs contradictoires : des stocks réduits, mais des linéaires toujours “vendeurs”. De multiples paramètres doivent être pris en compte (impact productivité, impact transport…).
Un autre exemple, dans l’alimen­taire, est celui des barèmes qui définissent les conditions d’achat en termes de conditionnement d’ap­pro­visionnement. Suivant le nombre de palettes, les conditions d’achat sont plus ou moins intéressantes. L’enjeu est donc d’arriver à optimiser les conditions d’achat sans créer d’impact trop important sur les stocks. De même, un distributeur doit être capable d’optimiser la notion de saisonnalité. Concernant les catégories eaux ou bières, par exemple, il s’agit d’anticiper les volumes d’une saison en mettant en place des processus de prévision et d’ap­provisionnement très fins pour avoir les stocks disponibles au bon moment.
Enfin, la notion de promotion est également impactante pour la gestion des stocks. L’objectif ici est de choisir la bonne quantité par magasin et le bon mode d’approvision­nement en flux tiré (réapprovisionnement) ou poussé.

Comment pérenniser ces processus d’optimisation ?
Il y a plusieurs méthodes pour pérenniser ces actions dans le temps. Par exemple, au niveau de l’appro­visionnement, il existe des méthodes pour calculer les bons paramètres de livraison et les maîtriser sur la durée. Un distributeur peut également revoir et redéfinir les processus d’entrée et de sortie des produits en mettant en place des fonctionnements spécifiques avec des alertes à différents stades du cycle de vie. Enfin, il peut être bienvenu d’avoir des outils pour détecter les alertes et lancer les actions nécessaires de manière répétitive : production de liste d’articles en surstock par point de vente avec les actions de correction à entreprendre.
Ce fonctionnement est complexe, car il faut le faire magasin par magasin et article par article. Cela représente énormément de données à traiter et aujourd’hui peu de distributeurs ont cette capacité-là. Mais désormais, les distributeurs sont sensibles à ces problématiques. La gestion des stocks est un sujet particulièrement à l’ordre du jour et de nombreuses initiatives sont prises en la matière. De même, repenser la gestion de ses stocks pousse souvent un distributeur à s’interroger sur l’ensemble de son réseau logistique et à trouver de nouvelles sources d’optimisation et de nouveaux gains en termes de performance.



Propos recueillis par Camille George

25 janvier 2010

Accenture : conseil, technologies et externalisation

Accenture est une entreprise internationale de conseil en management, technologies de l’information et externalisation. Combinant son expérience, son expertise et ses capacités de recherche et d’innovation développées et mises en œuvre auprès des plus grandes organisations du monde sur l’ensemble des métiers et secteurs d’activités, Accenture aide ses clients – entreprises et administrations – à renforcer leur performance. Avec plus de 177 000 employés intervenant dans plus de 120 pays, Accenture a généré un chiffre d’affaires de 21,58 Md$ (14,56 Md€) au cours de l’année fiscale clôturée le 31 août 2009. (accenture.com/fr)


Rédaction Points de vente

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