Au-delà du jouet, qui reste leur secteur de prédilection, les licences étendent leur terrain de jeux au coeur de métier de la grande distribution: les produits alimentaires, en particulier les MDD. Et chacun y trouve son compte.
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Manger sain avec Mickey et ses amis : c’est ce que propose la nouvelle gamme d’alimentation nutritionnelle Carrefour Kids, qui s’installe depuis quelques semaines dans plusieurs rayons des magasins de l’enseigne. Elle était attendue depuis l’accord international signé en 2008 par les deux géants du divertissement et de la distribution. Du côté de la communication de Carrefour, le cahier des charges était clair : “Ces produits sont conçus pour être la référence en termes de qualité nutritionnelle au sein de leur famille de produits. Cela signifie aussi que ne sont développés sous cette gamme que les produits compatibles avec cette exemplarité nutritionnelle.” Pour Marc Low, vice-président licensing de DCP (Disney Consumer Products), ces produits « sont aussi en accord avec la charte nutritionnelle de Disney pour la lutte contre l’obésité de l’enfant. Les portions sont adaptées, il n’y a pas de sel, de sucre, de matières grasses ajoutés et on incite les enfants à consommer des fruits en proposant, par exemple, des bananes de petite taille ou des clémentines faciles à éplucher. » Le tout est évidemment ludique, emmené par les conseils de Mickey et ses amis. Ce lancement est emblématique de la place que prennent de plus en plus les licences au sein même des MDD et de leur cœur de métier, l’alimentaire.
Des MDD pour Kirikou Les premiers à s’y lancer l’ont fait de manière ponctuelle, comme Marque Repère de Leclerc avec Kirikou. Un virage important a été négocié par Système U à la rentrée dernière avec l’implantation d’une gamme aux couleurs des Looney Tunes Active. L’accord, signé pour trois ans avec Warner Bros. Consumer Products (WBCP), porte sur plus de 140 produits alimentaires U enfants. « Système U cherchait sa mascotte et c’était en accord avec le repositionnement des Looney Tunes comme porte-parole de la vitalité auprès des enfants, explique Anoush Kevorkian, directrice générale de WBCP France. Pour bien bouger, il faut bien manger. » Les céréales, produits emblématiques des enfants, ont été les premières arrivées, enrichies de jeux, conseils en dos des packs et primes à l’intérieur. « Les premiers résultats sont très au-delà de nos attentes, qui étaient déjà ambitieuses », se félicite Anoush Kevorkian. « Les licences sont un point de développement hautement stratégique des enseignes, pour lesquelles elles représentent un intérêt d’abord financier », estime Alexandre Mayaud, fondateur d’Alternative Branding, société conseil en matière d’acquisition de marques et licences. « Cela permet aux MDD d’avoir des vraies logiques de marque sur des produits qui n’en avaient pas ! », ajoute cet ex-Carrefour, initiateur des accords textiles avec Disney.
Priorité aux jouets Si la licence explore le terrain des MDD, c’est avant tout via les marques nationales qu’elle s’adresse aux enfants. Et son secteur de prédilection est l’univers des jeux et jouets. D’après une étude menée l’an dernier par Kazachok, agence de communication et de conseil spécialisée dans le licensing, près de 75 % des foyers possèdent un jouet sous licence. Et les ventes de 2009 ont confirmé la bonne forme de ce marché : selon Christophe Portal, responsable du secteur chez NPD Group, les ventes de jeux et jouets sous licences ont progressé de 1,7 % sur un marché global lui-même en hausse de 2,7 % (2,95 Md€). En cette année de crise, compte tenu du surcoût que représente l’achat d’un produit sous licence, on aurait pourtant pu craindre l’inverse. « Un produit sous licence coûte de l’ordre de 8 à 10 % de plus, remarque Jackie Pellieux, patron du groupement JouéClub, mais ce n’est pas un frein pour les consommateurs. » Et Franck Mathais, porte-parole du groupe Ludendo (La Grande Récré, Jouetland…) confirme : « Les licences figurent dans le top 10 de nos ventes. Elles apportent un imaginaire pertinent, créent l’événement et, pour certains produits, amènent les enfants à revenir régulièrement dans les magasins. » Ce dernier constat s’est vérifié cette année, où les licences ont été particulièrement dopées par les ventes de produits à collectionner type cartes ou figurines d’action (31 %). Gormiti, créé par le fabricant italien Giochi Preziosi, en est un bon exemple. « Tout a commencé par une collection de figurines (chacune associée à une carte de jeu) vendues à plus de 8 millions d’exemplaires et depuis la série télé, sur M6 et Canal J, Gormiti est devenu notre plus gros programme de licence, révèle Patricia de Wilde, directrice des licences chez Marathon Media, coproducteur et agent pour la France. De nouveaux développements sont prévus pour la diffusion de la saison 2, en septembre. » Un nouveau concurrent pour Pokémon ? « Gormiti est effectivement un succès, mais Pokémon pèse toujours de 60 à 70 % du marché des cartes à collectionner », note Nicolas Benoist, directeur du marketing d’Asmodée, qui commercialise l’un et l’autre. Parmi les autres licences garçons à suivre figure en bonne place l’univers du catch, sous licence WWE. « La meilleure licence en permanent, selon Jackie Pellieux, qui a entraîné une explosion des ventes de figurines, rings, ceintures de champions dès la diffusion des matchs à la télé. » Frank Mathais constate que le catch met en scène des « héros des temps modernes et [que] ses produits dérivés attirent aussi des collégiens, alors que l’âge moyen des consommateurs s’arrête généralement à 10 ans ». Mattel, qui vient de récupérer la licence, déclinera cette année 10 nouvelles références. Le groupe américain proposera aussi de nouveaux jeux d’action Batman à l’occasion de la sortie de la série animée de Warner L’Alliance des héros et une gamme dédiée aux héros de Toy Story 3. Chez France Télévisions Distribution, Franck Cymes, directeur des droits dérivés, mise sur la Coupe du Monde pour booster le développement de produits aux couleurs de Foot2Rue. Côté filles, Dora est toujours là, mais en petite forme. « Elle est en effet en baisse de 20 %, indique Laurent Taieb, vice-président de Nickelodeon & Viacom Consumer Products, mais nous avons remis les compteurs à zéro pour 2010, l’année de ses 10 ans. Dora revient sous la thématique Mission Exploration, qui remet les enfants au centre des aventures. » Le groupe américain mise également sur Kai-Lan, une sorte de petite sœur de Dora, qui apprend aux jeunes téléspectateurs quelques mots de mandarin et leur fait découvrir la culture chinoise. Elle sera à l’antenne de Tfou et Nickelodeon Junior pour la célébration du Nouvel An chinois.
Culture japonaise et équitation Pour la culture japonaise, direction Hello Kitty. « Elle fonctionne toujours bien, portée par une belle visibilité. C’est la licence n° 1 chez les filles dans la catégorie jeux et jouets, précise Céline Georges, au marketing jeunesse de TF1 Games. Et nous poussons aussi Sanrio, My Melody et Kuromi. » Le marché mise également sur l’engouement des filles pour l’équitation. « Horseland est un vrai carton, nous avons doublé le chiffre d’affaires l’an dernier », révèle Stéphane Azoulai, vice-président de Lansay. Et chez Marathon Media, Patricia de Wilde compte sur Grand Galop, « une licence qui a déjà une forte notoriété en produits culturels ». On notera que chez les filles comme les garçons, peu de nouvelles licences figurent au catalogue des marques de jouets. « La distribution, de plus en plus sélective, mise sur les licences pérennes et ne laisse pas leur chance aux “licences niches”, même soutenues par des diffusions télévisées », explique Sylvie Bannelier, directrice du marketing de Vtech. « Il y a effectivement une concentration des achats sur une prise de risque minimum », regrette Alexandre Mayaud, d’Alternative Branding.
Lena Rose
08 février 2010
Licences sucrées pour Pâques
Les chocolats sous licence représentent 16 % du marché des chocolats de Pâques, un poids qui continue à grimper. Une nouvelle qui réjouit Bon Bon Buddies, leader de cette catégorie de produits avec 31 % de part de marché valeur l’an dernier. « Avec un portefeuille de licences et une gamme de produits renouvelés, nous sommes en position d’augmenter sensiblement cette part de marché car les commandes des enseignes laissent présager un très bon cru pour 2010 », indique Olga Bredin, responsable marketing de Bon Bon Buddies. Au menu, des nouveautés Cars, Toy Story et Little Pet Shop, dont l’entreprise britannique a acquis les droits, qui viennent s’ajouter à un portefeuille déjà important composé de Dora, Mickey, Oui Oui, Spiderman… Les nouvelles marques sont complétées par de nouveaux formats, comme l’œuf flamme de 320 g, présenté avec une peluche et qui renferme une surprise à l’intérieur. Ce produit est pour l’instant uniquement décliné pour Hello Kitty. Mais Bon Bon Buddies ne sera bien évidemment pas seul à attirer la gourmandise des enfants à Pâques. Cémoi sera notamment présent avec Barbapapa et Scooby-Doo, et la chocolaterie Abtey avec une gamme de chocolats au goût de fraise pour les petites filles accros à l’univers de leur héroïne Charlotte aux Fraises.
L. R.
08 février 2010
Sous le signe de Toy Story
Points de Vente – Votre nomination boucle la réorganisation de DCP en France. Quel est l’objectif de cette nouvelle organisation ? Marc Low – Elle s’inscrit dans la continuité de la stratégie développée par le groupe à travers la nomination de Diego Lerner en tant que président de Walt Disney Company pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique. C’est une première pour l’Europe. Elle se traduit par la mise en place d’une structure par pays qui rassemble tous les métiers de Walt Disney Company : cinéma, jeux vidéo, musique, produits… La structure française est présidée par Jean-François Camilleri. Cette nouvelle stratégie clarifie et facilite la gestion des partenariats du groupe. Pour DCP France, elle se traduit par la mise en place de deux pôles : la partie vente des produits, jeux vidéo, DVD, qui est chapeautée par Jérôme Le Grand, et la partie licensing, dont je suis responsable, tout en gardant ma casquette de responsable pour l’Europe de la catégorie textile-accessoires. Cette nouvelle organisation va notamment nous permettre de mieux coordonner nos efforts autour des films événementiels en direction de partenaires comme Carrefour et d’autres grands comptes, par exemple les spécialistes du jouet.
2009 vient de se terminer. Comment vos franchises se sont-elles comportées ? 2009 a globalement été une année difficile pour tout le monde. Néanmoins, quand on regarde les catégories panélisées comme les jeux et jouets, le textile, les accessoires, on constate que Disney a pris des parts de marché importantes. Le chiffre d’affaires de nos six principales franchises reste stable, voire en progression : il s’agit de Winnie et de Mickey pour le préscolaire, de Cars et Toy Story pour les garçons, de Princesse et Fairies [La Fée Clochette et ses amis – Ndlr] pour les filles. En jouets, nous avons gardé ou pris de nouvelles positions sur l’ensemble des segments. Cars, par exemple, reste incontournable en garçons. Nous avons mené une enquête en septembre dernier qui montre que la marque continue même à grimper comme marque favorite des 3-5 ans. Mickey a également bien progressé. C’est en grande partie grâce à la diffusion de la série animée La Maison de Mickey, qui a réinstallé Mickey auprès des plus jeunes. Elle est diffusée depuis le 4 janvier le matin sur M6. Mattel a également fait un gros travail au niveau de la qualité des produits. Pour les mêmes raisons, Manny et ses Outils a aussi bien fonctionné à Noël.
Et qu’est-ce qui a moins bien marché ? Il n’y a pas eu d’énorme baisse. On constate plutôt des baisses conjoncturelles autour des ventes de produits déclinés de films événementiels une fois qu’ils ne sont plus à l’affiche. Le dernier en date était Wall E. L’année passée, les distributeurs ont moins acheté, mais ils ont acquis les licences pérennes et nous en avons bénéficié.
Quelles vont être les priorités de Disney cette année ? Toy Story sera l’événement de l’année. Après Toy Story 1, sorti en 1996, et Toy Story 2 en 2000, Toy Story 3 sera dans les salles françaises le 14 juillet prochain, ce qui est déjà un bon présage. On rit, on pleure, l’histoire est géniale. Afin de préparer l’événement, nous remettons à l’écran les épisodes 1 et 2 sur TF1 pour que les plus petits aient l’historique de Woody, Buzz et les autres. Nous avons aussi développé d’importants partenariats avec les enseignes et les licenciés. La partie jouets est assurée par Mattel, mais aussi par Lego, avec lequel Disney n’avait jamais travaillé auparavant. En textile, nous avons également un nouveau licencié de poids, Adidas. Ce partenariat a commencé en janvier avec une ligne Mickey et Toy Story arrive pour la saison printemps-été avec, notamment, des chaussures Buzz.
Y a-t-il également un programme autour de “La Princesse et la Grenouille”, le film d’animation en 2D que viennent de sortir les studios Disney ? Nous avons effectivement recréé un univers avec des jouets, des peluches, un jeu vidéo Nintendo, une ligne de nuit Carrefour… C’est l’occasion d’inaugurer l’arrivée de Mattel comme licencié des Disney Princesses. Une autre princesse terminera l’année, Princesse Raiponce, dont le film, ins-piré du conte des Frères Grimm, sortira en décembre. Cela fait plusieurs années que Disney n’avait pas sorti de film juste avant Noël et ce long métrage de John Lasseter sera également le premier film princesses en 3D. Dans un autre genre, Walt Disney avait sorti en 1982 Tron, un film devenu culte chez les amateurs de jeux vidéo. La suite revient cette année sous le titre de Tron l’Héritage.
Un certain nombre de vos licences vont au-delà de la cible enfants, par exemple vers l’univers de la mode. Allez-vous continuer dans cette direction ? Oui. Pour Princesse Tiana, l’héroïne de La Princesse et la Grenouille, par exemple, la créatrice Violette van Parys a réalisé une ligne de bijoux vendus notamment dans les boutiques Maje. Pour Alice au Pays des merveilles, le remake de Tim Burton, avec Johnny Depp dans le rôle du chapelier fou, qui sort le 7 avril, Stella McCartney a aussi créé une ligne de bijoux qui seront exclusivement vendus dans les boutiques Swarovski. Le Printemps Haussmann consacrera également ses vitrines à des vêtements créés pour l’occasion par des stylistes de renom, comme Alexander McQueen. Il y aura aussi des produits plus grand public comme des tee-shirts chez Jennyfer, Uniqlo ou Claire’s. Le quotidien Los Angeles Times a écrit récemment que les deux grandes tendances du printemps-été seront le Brésil et Alice au Pays des merveilles. Espérons qu’il en sera de même en France !
Propos recueillis par Lena Rose
08 février 2010
Les ados, une cible difficile à séduire
Plus des enfants, pas encore des adultes : les ados sont un casse-tête pour l’univers de la licence. Pire, ils ne fréquentent pas ou plus les circuits de distribution qui en proposent le plus. « Ils ne vont plus dans les magasins de jouets, si ce n’est pour accompagner un petit frère ou une petite sœur, et leurs préoccupations vont ailleurs, vers la musique, les fringues, l’électronique », explique Stéphane Azoulai, vice-président de Lansay, qui leur propose deux jeux de société : Même pas Cap’ et Burger Quiz. « Les ados ne vont pas non plus acheter en grandes surfaces, ce n’est pas là qu’ils aiment aller dépenser leur argent. Pour les toucher, il faut aller dans les chaînes de distribution sélective », ajoute Alexandre Mayaud, d’Alternative Branding.
Une charte graphique vintage Il suffit d’arpenter les rayons de H&M, Zara et Jennyfer (textile) ou de Claire’s (accessoires) pour constater que les marques ont bien compris cette problématique. « Pour les Monsieur et Madame que nous destinons à cette cible, nous avons mis au point une charte graphique vintage, décalée, que ce soit en textile ou avec les accessoires vendus chez Moa. Cela fonctionne très bien et nous allons continuer cette année », indique Franck Cymes, directeur des droits dérivés chez France Télévisions Distribution. Chez Warner Consumer Products, Anoush Kevorkian espère bien faire craquer les filles avec les accessoires et maillots de bain Tweety by Cathy Guetta et, dans un autre style, avec Pucca, dont Warner a récupéré la gestion l’an dernier. « Nous allons commencer par la Saint-Valentin en mettant en avant le côté Funny Love du personnage, dont le but est d’embrasser son fiancé », indique-t-elle. Pour les garçons, Warner jouera la carte des super-héros Batman, Superman et consors, qui fêtent leurs 75 ans. Aux ados qui préfèrent une option moins musclée et plus décalée, Laurent Taieb, chez Nickelodeon & Viacom Consumer Products, propose SpongeBob by SpongeBob, une nouvelle interprétation de Bob l’Eponge, indépendante de la série télé destinée aux plus jeunes, et dont les produits seront commercialisés dans les réseaux sélectifs.
Casques audio et hygiène-beauté Le groupe, propriétaire des chaînes musicales MTV, ne pouvait pas ignorer le côté quasi vital de la musique pour les ados. Une 3e collection de tee-shirts MTV pour hommes arrive ainsi chez Zara. « Mais nous voulons aussi étendre la gamme à des casques audio ou de l’hygiène-beauté car, via nos chaînes, nous pouvons apporter des solutions complètes aux licenciés », précise Laurent Taieb. Même Hello Kitty, qui a déjà rendu les ados accros via Victoria Couture, connaît les notes à jouer pour leur parler : Coloud, marque suédoise de casques audio, vient de l’intégrer à sa gamme sous licence, laquelle compte aussi Fame, Marvel et Star Wars. Disney, qui séduit déjà les filles pré-ados avec Hannah Montana ou les Jonas Brothers va, lui, donner des couleurs à leurs grandes sœurs avec les lignes de maquillage Alice au Pays des merveilles créées par Urban Decay et OPI pour Sephora.
Après des semaines de grisaille, de pluie, de froid, d’intempéries dévastatrices, l’été est enfin là ! Eh oui, il fait beau et chaud. Des milliers de lycéens et étudiants sont débarrassés des examens et prêts à entamer des petits boulots qui leur permettront, pour...