Dopé par les segments haut de gamme, les produits à valeur ajoutée et les innovations, le marché des appareils photo numériques continue d’évoluer favorablement et confirme sa vitalité malgré le contexte économique.
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Avec 5,1 millions de ventes attendues cette année, l’appareil photo numérique (APN) fait mieux que prévu. « Nous avons revu à la hausse nos prévisions du début d’année », reconnaît Bertrand Huck directeur commercial pour les marchés IT et photo, chez GfK. Sur les sept premiers mois de 2009, le marché des APN (compact, bridge et reflex) est stable en volume mais recule de 3 % en valeur. L’été a redynamisé les ventes : juillet enregistre même une hausse du prix moyen des APN (229 € contre 220 € en juillet 2008). Acteur de cette embellie, le reflex, qui gagne 20 % en volume et 5 % en valeur sur le 1er semestre 2009. Dans le même temps, le compact recule de 8 % en valeur et reste étale en volume (GfK).
Le design, un élément clé Avec huit ventes d’APN sur dix, et plus de deux foyers sur trois équipés, le compact évolue sur un marché mature. Afin de stimuler la demande, les industriels renouvellent leurs gammes, environ tous les six mois, en jouant sur les performances techniques et sur le design (le compact bijou). « Le design est un élément clé, compte tenu que plus de 60 % des acheteurs de compacts sont des femmes. Les jeunes sont également sensibles à l’apparence du produit », confirme Bruno Chappotteau, directeur des ventes de la division image Nikon France. Après le succès du S210 en 2008, le Coolpix S220 de Nikon s’est imposé comme le leader des ventes de l’été 2009, tiré par sa gamme de couleur, son boîtier fin, ses performances et un bon positionnement prix. Autre argument de vente, le nombre de pixels perd peu à peu de son importance. Même en entrée de gamme, la résolution des capteurs est généralement suffisante pour imprimer en A4 ou A3. « Mieux informé, le consommateur sait qu’avec des fichiers trop lourds, il risque de ne pas pouvoir passer ses photos par internet. Aujourd’hui, les vendeurs font valoir d’autres avantages comme le zoom, la vidéo HD ou le grand-angle », explique Romain Chollet, chef de produit photo Panasonic France. La course aux pixels semble donc se calmer chez les constructeurs. Canon, n° 1 mondial de l’appareil photo, limite à 10,2 Mpix son nouveau Powershot G11, alors que son prédécesseur, le G10, comptait 14,7 Mpix. Même modération pour les nouveaux CyberShot TX1 et WX1 de Sony (dédiés aux basses lumières) et équipés de 10 Mpix. De fait, au fil des saisons, l’intérêt des acquéreurs de compacts s’est porté sur d’autres innovations : taille de l’écran, modes scène, réactivité au démarrage, vidéo, stabilisation de l’image ou grand-angle. En 2008 est arrivé l’outdoor avec des boîtiers étanches, anti-choc, résistants au froid. « Le compact outdoor convient aux conditions extrêmes et on peut le confier sans crainte à ses enfants, relève Christophe Valentin, directeur marketing Olympus France. Nous sommes encore sur du haut de gamme mais l’offre s’élargit, les produits vont se démocratiser. »
Le bridge, un appareil familial Olympus est le premier à avoir lancé des compacts tout-terrain (Mju et Mju Touch) suivi de Pentax (Optio) et, cette année, de Canon (PowerShot D10), Fujifilm (FinePix Z33WP) et Panasonic (Lumix DMC-FT1). D’autres voies de diversification s’affirment sur le compact comme la puissance du zoom, l’écran tactile (Samsung ST500/ST550 et ST1000, Sony TX1) ainsi que la vidéo haute définition. Avec quelque 390 000 ventes attendues cette année (GfK) le bridge (compact au gros zoom mais à objectif fixe) est toujours bien présent. Néanmoins, pris en étau entre les compacts aux fonctionnalités de plus en plus élaborées et les reflex dont les prix baissent, son avenir pose question. Mais si ce marché, dominé par Panasonic et talonné par Nikon et Canon, perd des points, il fait mieux que prévu sur les sept premiers mois de 2009 avec - 6 % en valeur et - 4 % en volume « Le bridge est un appareil polyvalent et assez féminin, il peut passer de main en main, c’est en quelque sorte un appareil familial qui a toute sa raison d’être », note Bruno Chappotteau chez Nikon. Les constructeurs continuent d’y croire et 2009 marque une vraie offensive des bridges. Sur la lancée de son P80, Nikon a sorti cette année deux nouveaux modèles, P90 et L100. De nouveaux bridges également chez Olympus (SP-590UZ), Sony (HZ1), Canon (SX20 IS) et Samsung qui revient sur le segment avec le WB5000, tandis que Pentax fait pour la première fois son entrée avec le X70. Hier réservé aux professionnels, le reflex se démocratise et s’impose comme le moteur des APN. Le segment est dominé par deux acteurs historiques de la photo, Canon et Nikon, qui tiennent à tour de rôle le leadership sur les volumes, tandis que Nikon domine en valeur. Après les leaders, suivent Sony, Pentax, Olympus, Panasonic et Samsung. Le reflex reste un appareil sophistiqué mais les nouveautés intègrent désormais des fonctions automatiques.
Des prix de plus en plus accessibles Il s’agit d’aller chercher les utilisateurs de compacts, désireux d’aller plus loin dans la créativité. D’où l’intégration d’aides à la prise de vue et à la gestion des images (mode scène, fonction Live View, mode retouche). Succédant au D60, le D3000 de Nikon, lancé en août dernier, entre dans cette catégorie. « L’appareil embarque un didacticiel qui va guider l’utilisateur dans ses photos », explique Bruno Chappotteau. Arrivée pour la première fois sur le marché, avec le Nikon D90, la vidéo est également un axe de développement sollicité par le grand public, avec des résolutions HD et Full HD. Du Full HD, par exemple, pour le Canon EOS 500D, dédié aux débutants comme aux expérimentés, qui vient de se voir attribuer par l’Eisa (European Imaging and Sound Association) le Prix de l’appareil reflex européen 2009-2010. Autre atout du reflex, l’accessibilité croissante des prix. Sur le 1er semestre 2009, le prix moyen est, selon GfK, de 646 € (boîtier nu) contre 723 € en 2008. Mais le reflex ne s’arrête pas là car il entraîne une série de ventes additionnelles, génératrices de marges : optiques supplémentaires, cartes mémoire de grande capacité, accessoires : batteries, pieds, sacoches. Les plus fortes ventes concernent les flashs et les objectifs : « Notre ratio est de 1,3 objectif par reflex », précise Bertrand Huck (GfK).
Une nouvelle génération d’APN
Pour séduire une clientèle plutôt féminine, une nouvelle génération d’appareils arrive sur le marché. Panasonic a ouvert la voie en 2008 avec le Lumix G1 au format micro 4/3, doté de fonctions automatiques avec des objectifs interchangeables, mais sans visée reflex et avec un design couleur : « 50 % des ventes ont porté sur le noir, 40 % sur le rouge, 10 % sur le bleu », souligne Romain Chollet chez Panasonic. En 2009, le G1 s’est enrichi du GH1 avec fonction vidéo HD puis, pour cette rentrée, du GF1. Olympus entre aussi dans ce créneau avec son Pen EP1, look rétro, créatif et performant comme un reflex, petit et simple d’utilisation comme un compact, vidéo en HD et son stéréo. « Le Pen EP1 vise deux types de clientèle, commente Christophe Valentin chez Olympus. Ceux qui ont déjà un reflex et veulent un appareil complémentaire plus compact et ceux qui trouvaient les reflex encombrants et difficiles à utiliser. » Enfin, le NX10 de Samsung (dont la sortie n’est pas encore fixée) s’inscrit également dans cette nouvelle génération d’APN.
Geneviève Beauvarlet
05 octobre 2009
Analyse des grandes stratégies d’investissements Total TV en 2008
Absent des linéaires il y a encore quatre ans, le cadre numérique a fait un démarrage spectaculaire. Les volumes continuent de progresser : + 17 % sur les sept premiers mois de 2009 et un prévisionnel de 1,7 million d’unités vendues cette année (1,5 million en 2008). En revanche, le chiffre d’affaires dégringole : - 19 % cette année (GfK). « En cause, la baisse des prix, liée en partie aux opérations de déstockage des distributeurs en début d’année, et à l’arrivée massive de MDD et de no name sur ce marché prometteur, note Vincent d’Hondt, responsable des produits numériques Kodak France. Les hypermarchés jusque-là peu présents sur ce marché ont rattrapé leur retard et sont désormais à parts égales en volume avec les multispécialistes qui continuent de dominer en valeur avec 55 % de part de marché. » Sur le 1er semestre 2009, le prix moyen des cadres s’établit à 75 € et six ventes sur dix concernent des écrans 7 pouces (17,8 cm) mais les 8, 10 pouces, en hausse, font 50 % de la valeur. Outre les MDD, de nombreuses marques nationales interviennent sur ce marché dominé par Telefunken, Philips, Kodak, Sony. Pour les marques, l’innovation est un passage obligé (Bluetooth, WiFi, haute résolution, capacité mémoire, son, vidéo). La nouvelle référence Kodak EasyShare S730 s’inscrit dans des tendances fortes du moment : usage sans fil, grâce à la batterie rechargeable qui permet de partager ses images en tous lieux ; écologie avec l’adaptateur secteur certifié Energy Star pour une faible consommation électrique ; fonction retouche “Kodak Perfect Touch”… Kodak joue aussi sur le design avec sa série D, à cadres interchangeables. Design soigné aussi pour le T.Photo de Transcend, un cadre multimédia, haute résolution, ou pour le PhotoFrame de Philips avec batterie intégrée rechargeable (sortie en septembre). Ces nouveautés et bien d’autres arrivent dans les linéaires pour la fin de l’année. « Le cadre est d’abord un achat cadeau, 50 % de ses ventes annuelles se font en décembre, souligne Vincent d’Hondt. La qualité de l’image étant le premier critère de choix, il est essentiel de présenter les appareils branchés. » Pour une démonstration de la qualité et des fonctionnalités de ses cadres, Kodak a d’ailleurs développé des vidéos à installer en rayon.
G. B.
05 octobre 2009
Zoom sur des produits toujours plus innovants
Au-delà des compléments de gamme, les industriels recherchent sans cesse de nouvelles idées pour se différencier et apporter de la valeur ajoutée. D’où l’arrivée, cette année encore, d’appareils photo numériques aux fonctionnalités inédites. Avec son nouveau compact Coolpix S1000Pj, Nikon lance une innovation mondiale, la “projectographie” qui facilite et simplifie le partage des images entre amis. Doté d’un projecteur intégré, le compact S1000Pj permet de projeter directement les photos sur un mur ou sur tout autre support, simplement en appuyant sur un bouton. Décliné en deux références, l’appareil est livré avec télécommande et socle de projection. Disponibilité, septembre 2009. Prix indicatif : 399 €.
Objectif ultra-grand-angle Innovation mondiale aussi chez Samsung, avec ses nouveaux compacts ST500 et ST550, dotés de deux écrans, un à l’avant et un à l’arrière. Le double écran LCD permet la prise d’autoportraits pour une utilisation croissante sur les sites de réseaux sociaux et garantit des photos de famille avec tout le monde sur la photo, y compris le photographe. Sortie en septembre : 299 € et 349 €. De son côté, Fujifilm présente le FinePix Real 3D W1, le premier appareil compact grand public à capturer les images, photo et vidéo en 3D. Elles peuvent être visionnées en relief sur le nouveau cadre photo numérique Finepix Real 3D fourni avec l’appareil. Ceci, sans avoir à utiliser de lunettes spéciales. Disponibilité : septembre 2009. Par la suite, Fujifilm proposera en complément un service d’impression photo 3D. Panasonic propose pour cette rentrée une large gamme de compacts dont le Lumix DMC-ZX1, le premier APN ultra-compact équipé d’un zoom puissant x 8 optique Leica, objectif ultra-grand-angle et nouveau système de stabilisation optique Power O.I.S. Deux fois plus efficace que l’ancien, ce nouveau système permet d’obtenir des photos nettes même avec une faible vitesse d’obturation et de réaliser des photos de nuit sans avoir recours au flash. Disponible en quatre couleurs. Sortie en septembre. Prix indicatif : 299 €. Pour sa part, Pentax investit sur les compacts outdoor avec sa nouvelle gamme Optio WS80, des appareils pour baroudeurs et aventuriers : zoom x 5, vidéo HD, design bicolore, étanche, suivi des sujets en mouvement. Disponible depuis la fin août. Prix indicatif : 249 €.
Pour photographe expérimenté Marque plus modeste mais innovante, Casio élargit sa gamme d’APN Exilim Zoom avec trois nouveaux modèles. L’EX-Z90, gamme Trendy avec une large gamme de coloris, l’EX-Z450, zoom x 4 et nouveau mode de mise au point automatique intelligent, et l’EX-Z280, ultra-grand-angle et zoom optique x 4. Prix indicatif : de 149 à 199 €. Sony se renforce sur le reflex. Après le lancement en mai dernier de trois nouveaux modèles sur gamme Alpha – A230, A330 et A380, accessibles à tous (de 500 à 1 000 €, du boîtier nu au kit double), la marque lance cette rentrée le A850, pour photographe expérimenté, proposé au prix indicatif de 1 990 €. Deux autres modèles reflex Alpha A500 (750 €) et A550 (850 €) seront disponibles à la fin du mois. Enfin, à noter, l’annonce du nouveau Lumix GF1 de Panasonic qui s’inscrit dans la nouvelle génération d’appareils compacts à objectifs interchangeables. En blanc, silver et noir, le GF1 sera lancé en France et en Europe au mois d’octobre et commercialisé au prix conseillé de 600 € (boîtier nu), et de 800 et 900 € avec des objectifs.
Tous les tarifs mentionnés sont des prix publics et indicatifs.
G. B.
05 octobre 2009
Le support, un enjeu en or
La photo numérique multiplie les prises de vue. En moyenne, l’utilisateur d’un compact prend un peu de plus de 1 000 photos par an et celui d’un reflex 1 700. La moyenne était de 35 photos pour un appareil argentique (baromètre API/Ipsos 2008). Si l’argentique donnait lieu en totalité ou presque à des travaux de développement, il n’en va pas de même pour le numérique. 75 % stockent quasi intégralement les photos prises sur un ordinateur, disque dur externe, CD, DVD ou clé USB. Seule une sélection des meilleurs clichés est développée sur papier. « Le marché représente environ 3 milliards de tirages, souligne Christophe Bioulac, responsable des kiosques Kodak France. Près de 50 % des impressions sont faites en magasins, près de 30 % à domicile (imprimante multifonction) et plus de 20 % sur internet. » Le 10 x 15 représente la grosse majorité des tirages. Pour l’heure, la montée des reflex, des mégapixels, des zooms puissants ne s’accompagnent pas, comme il serait logique, d’une progression des impressions A4 et A3. « Le A3 fait à peine 1 % des tirages, reconnaît Christophe Bioulac. Les Français ne sont pas très amateurs de posters. L’agrandissement a toujours été un point faible. »
Les photos, une affaire de femmes Présent sur toute la chaîne de l’image, de la capture au partage et sur tous les circuits travaux, Kodak, comme les autres acteurs de travaux photo, puise aujourd’hui sa valeur ajoutée ailleurs. Notamment à travers la réalisation d’albums et de livres photo, auxquels s’ajoutent des produits personnalisables, cartes postales, calendriers, agendas, objets divers… « Ces marchés constituent les nouveaux leviers de croissance. La tendance, sur ces deux dernières années, est à l’album relié, avec un marché qui progresse de 50 % quasiment tous les trimestres », note Christophe Bioulac. Gardiennes de la mémoire familiale, les femmes participent à cette évolution. Pour elles, les photos ont une valeur affective, elles aiment les mettre en scène, les dater, les commenter et, pour plus de sécurité, n’hésitent pas à en confier le soin à des professionnels. D’où le succès croissant des offres développées en coproduction avec les consommateurs. En 2008, le livre album a atteint 2,5 millions d’exemplaires.
Des sites en ligne réactifs Ces produits se généralisent dans tous les circuits de travaux photo et particulièrement sur les sites en ligne. « Le livre photo est né sur internet », relève Sébastien Rohart, directeur général de Photobox. Leader européen de la photo en ligne, Photobox fait partie du Top 5 des sites (hors enseignes polyvalentes) qui font près de 70 % du marché des travaux photo sur le Net, pour une centaine d’acteurs au total. Sur les travaux photo, les sites en ligne gagnent des parts de marché. Selon Sébastien Rohart, ils sont passés de 15 à 18 % de part valeur il y a deux ans, à près de 22 % aujourd’hui. Sur ce succès, le directeur général de Photobox avance la réactivité des sites, le soin apporté aux interfaces, les aides à la réalisation, les services à valeur ajoutée, la tarification. Souvent agressive, cette tarification n’est pas forcément un atout.
« Il faut s’assurer de la bonne qualité du papier », souligne Christophe Bioulac. De fait, l’intérêt des tirages, quel que soit le support, est que la photo résiste au temps qui passe.
Consommer. D’un acte quotidien, tantôt banal, tantôt nécessaire, parfois jouissif, la crise en a fait un obstacle de plus au pouvoir d’achat des Français. Résultat : ils consomment moins. Selon l’Insee, les dépenses des ménages en biens ont reculé, en moyenne, de 0,5 % en 2011. Du...