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Le e-learning fait des émulesLes enseignes misent de plus en plus sur la formation à distance, une technique adaptée aux contraintes organisationnelles du secteur et qui répond rapidement à ses besoins.
Kiabi, Système U, Boulanger, Krys, Atol… l’ont annoncé : 2008 sera l’année de l’intégration du e-learning dans leur dispositif de formation. Un temps décriée, l’autoformation en ligne a aujourd’hui gagné en maturité, allant jusqu’à représenter, en moyenne, 10 % de l’offre de formation. A une exception près : Leroy Merlin, qui s’intéresse à cette formule depuis 2001, lui consacrait déjà l’an dernier 36 % de son offre de formation, soit 90 modules, à 9 000 € chacun. « Cette enseigne a bien compris que les technologies soutiennent aujourd’hui son activité commerciale et qu’elle doit former son personnel à ses nouveaux process et métiers », souligne Yves Blanchard, pdg du cabinet de conseil en formation CAA. Idem pour la Fnac, qui change de métier et devient vendeur de services à la personne ; ou pour The Phone House, spécialiste de la téléphonie mobile, qui élargit son offre et propose des ordinateurs et lecteurs MP3. « Non seulement l’offre des distributeurs évolue de plus en plus vite, mais le consommateur devient aussi plus expert et le point de vente se transforme en média », ajoute-t-il. D’où l’engouement pour cette méthode de formation rapide, autonome et peu onéreuse. « Nous avons vécu en plein ce changement,confirme Patrice Leplomb, directeur commercial du réseau des boutiques Orange. Notre problématique était en effet de savoir comment passer de l’accueil d’abonnés France Telecom à une boutique Orange au service du client. Le tout avec une masse salariale vieillissante – 44 ans de moyenne d’âge – qui n’a connu aucun recrutement en dix ans et se voit confrontée du jour au lendemain à une clientèle jeune, cosmopolite et technophile. » Les atouts de la formation en ligneLe challenge était de taille. Orange a donc décidé de consacrer 8 % de sa masse salariale (9 000 personnes réparties dans 700 boutiques) à sa politique d’autoformation. Les premiers concernés sont les vendeurs. « Ils doivent en effet pouvoir évoluer en connaissance de cause dans notre nouveau concept Convergente Boutique, déployé dans 120 unités cette année. Les vendeurs en téléphonie mobile doivent aussi savoir vendre des produits sortant de leur champ habituel de compétence, comme les PC, que nous lancerons dans deux mois. D’où les modules de formation que nous initions et qui présentent notre nouvelle offre de manière la plus didactique possible », poursuit cet ex-cadre Fnac. Plus économique que les stages classiques, l’apprentissage en ligne présente aussi l’avantage de pouvoir former un nombre important de salariés dispersés sur plusieurs sites. Exemple : Carrefour qui, en 2007, a formé ses 20 000 assistantes de caisse en mode e-learning. Autre atout non négligeable : ce mode pédagogique permet un apprentissage progressif. En effet, les sessions varient entre 15 minutes et 2 heures. Elles offrent donc au stagiaire une grande souplesse d’organisation. Il peut se consacrer à sa formation sur son lieu de travail, quand il le souhaite… ou, plutôt, quand il a un moment de libre, voire chez lui. « L’autre atout de cette formule réside dans son adaptation à la saisonnalité des ventes,ajoute Stéphane Solinski, directeur marketing d’Atol. Dans la distribution, où les vendeurs fonctionnent en flux tendu, la possibilité de s’autoformer à distance présente donc un intérêt certain. » Des formations courtesAinsi, fin 2007, Boulanger a lancé un module destiné à former les salariés en CDD, embauchés pour les fêtes de Noël. Près de 600 personnes ont ainsi été sensibilisées aux valeurs de l’enseigne et formées aux produits ainsi qu’à la relation client en un temps record. « Courtes, ces formations à distance doivent néanmoins gagner en interactivité pour être mieux assimilées par l’apprenant », souligne Stéphane Solinski, qui propose aujourd’hui, via son école Sup d’Optic, des modules sous forme de jeux. « Une approche d’autant plus pertinente que nos opticiens constituent une population technique qu’il faut convaincre du bien-fondé des nouveautés. Le message est donc mieux délivré avec du game-learning. Nous formons de cette manière 1 100 personnes par an », ajoute-t-il. Même son de cloche chez Sephora. « Nous avons mis au point, avec notre école interne de formation et nos prestataires, des modules quiz, accessibles sur les intranets des magasins. Ils permettent aux vendeuses de se former et de se tester via des jeux sur les nouveaux parfums présents en boutiques », explique-t-on chez l’enseigne. Car, fait nouveau, l’apprentissage en ligne ne s’adresse plus aujourd’hui uniquement à une population de cadres. Les distributeurs l’appliquent en effet à l’ensemble de leurs collaborateurs. Concernant les filiales, il est même possible de mutualiser certains modules de formation, comme c’est le cas au sein de PPR, chez Conforama et la Fnac. Et de réduire les coûts, tout en opérant des gains de productivité. Un impératif par les temps qui courent ! Christelle Magaud 30 juin 2008
Vendeurs, cible numéro un
Points de Vente – Quelle est votre analyse sur l’évolution de la formation à distance, de ses débuts à aujourd’hui ? Jacky Doneddu – Avec le développement d’internet et de l’intranet, le succès a été fulgurant en 1998. Les années suivantes ont été bien plus douloureuses, car la forme a pris le pas sur le fond. Les coûts ont alors explosé. Aujourd’hui, une véritable opportunité se met progressivement en place sous l’impulsion de cabinets de conseil en formation tels que CAA ou Altedia. Elle consiste à penser la formation globalement avec toutes ses modalités : formation en salle et à distance, action de parrainage et de coaching, formation terrain, opération d’appropriation par les acteurs… Enfin, le e-learning se développe aussi sur le terrain des clients. En effet, une façon de renforcer les liens avec eux consiste à leur apprendre à mieux utiliser les produits qu’on leur vend. En quoi répond-elle aux besoins des distributeurs ? La formation à distance répond d’abord aux besoins des entreprises qui ont des frais de transport importants ou qui supportent difficilement l’absence physique de leur personnel. On voit bien pourquoi les managers et les personnels présents dans des points de vente représentent la cible numéro un de la formation à distance. Mes premiers souvenirs de déploiement de modules de formation à distance en France concernent d’ailleurs les réseaux Leroy Merlin, Leclerc et Décathlon. Quel est le retour sur investissement ? Si tous les critères sont réunis, à savoir si je m’adresse à une population de plus de 1 000 personnes, dispersées géographiquement, que le contenu est soumis à de fréquentes mises à jour, qu’il doit être délivré sur une période courte et que mes managers sont porteurs du projet, les coûts sont alors divisés par 10 à 100 (si l’effectif est très important). Quelles sont les règles à respecter pour réussir un bon module e-learning à destination des vendeurs ? Un module e-learning doit permettre l’information, la formation et l’évaluation. L’information doit être facilement accessible. La formation doit être très rythmée, courte, individualisée et utile. Privé de l’aide du formateur et du groupe, l’apprenant doit être aidé par des modalités ludiques et surprenantes. Au calme, dans un bureau, la durée de cette phase de formation peut atteindre 30 min. L’expérience montre qu’il ne faut pas dépasser un maximum de 10 à 15 min sur un point de vente. Enfin, la formation doit être utile. Si j’apprends à vendre un nouveau produit, je dois sortir du module en étant plus à l’aise avec ce produit, en sachant comment aborder mon client, réagir à ses objections et lui conseiller un produit ou une offre complémentaire. Du e-learning au game-learning, il n‘y a qu’un pas vite franchi par certains. Qu’en pensez-vous ? Le jeu se révèle un vecteur très puissant. Des sociétés comme Permis de jouer inventent continuellement de nouveaux produits, dont l’efficacité est démontrée chez les enseignes utilisatrices. L’informatique permet de créer des jeux puissants, très actifs en phase d’apprentissage. Propos recueillis par C. M. |
L’EDITOMerci à vous ! Après des semaines de grisaille, de pluie, de froid, d’intempéries dévastatrices, l’été est enfin là ! Eh oui, il fait beau et chaud. Des milliers de lycéens et étudiants sont débarrassés des examens et prêts à entamer des petits boulots qui leur permettront, pour... |


















