Quel a été votre parcours avant de créer l'enseigne Lily Sportive
J'ai réalisé pratiquement toute ma carrière dans la distribution du sport. J'ai débuté en 1978 en intégrant Genty-Cathiard. Comme son pdg, Daniel Cathiard, était un fanatique de sport, il m'a demandé de développer en province l'enseigne Team 5 qui comptait à l'époque quelques magasins parisiens. Nous avons ouvert le premier magasin provincial au Centre Bourse de Marseille. En 1979, Daniel Cathiard m'a confié la direction générale de Team 5. Pendant deux ans, je me suis attelé à la construction de cette enseigne, afin de la rendre profitable. Dès que cela a été le cas, nous avons dupliqué le concept. C'était assez facile à faire car nous étions à l'époque de la création des centres commerciaux et il était simple de les intégrer. Puis nous avons racheté, en 1984, une diversification de Docks de France qui s'appelait Go Sport. C'est devenue l'enseigne de sport du groupe Genty-Cathiard. A sa direction générale, j'ai assumé son développement en réalisant de la croissance interne et externe grâce à l'acquisition de Sporty, Fnac Sport et surtout Courir. Après avoir introduit Go Sport au Second Marché lyonnais, car c'était une entreprise très rentable, j'ai décidé de partir.
Pourquoi vous définissez-vous comme un créateur de société
Dès 1989, j'ai créé Sport Chalet, une grande surface de sport (2 000 à 2 500 m
2) de périphérie à vocation hyper-discount. Très axé libre-service, le concept a bien fonctionné. Nous en avons donc ouvert une douzaine avant de les revendre cinq ans plus tard à un franchisé Techniciens du Sport. Dans le même temps, j'ai créé Jordao, une enseigne textile dont les prix de vente étaient inférieurs à ceux de Celio. Là encore, nous avons ouvert une vingtaine de points de vente. Mais gérer ces deux sociétés de front me demandait trop de travail. J'ai donc cédé Jordao. En 1997, j'ai rejoint le groupe PPR pour créer Citadium. L'objectif qui m'avait été assigné était de réaliser, à partir d'un immeuble de quatre étages, un magasin de sport destiné à rajeunir la clientèle du Printemps Haussmann. Une fois cette mission accomplie, j'ai investi, fin 2000, dans Lady Soul, une marque textile conçue par de jeune banlieusards qui était en difficulté. Quand l'affaire a été remontée, je suis parti.
Comment est né le concept Lily Sportive
J'ai constaté que dans le sport, tout le monde parle de la femme, les fournisseurs font des efforts considérables pour capter cette clientèle, mais les distributeurs, eux, ne savent pas valoriser ce marché. La mise au point du concept a pris 18 mois. Nous avons rencontré l'ensemble des fournisseurs pour voir lesquels pouvaient travailler avec nous. Surtout, nous avons eu beaucoup de difficulté à trouver un emplacement (350 m
2) répondant à nos attentes. Heureusement, Ségécé nous a proposé Val d'Europe car La Grande Récré partait !
Quelle est votre stratégie de développement
Je pense que nous avons réussi à donner corps à un concept très abouti, notamment sur la présentation textile. Il nous reste aujourd'hui à valider notre business model. Je défends en effet l'idée que nous allons travailler exclusivement avec des marques de fournisseurs. Pour ce faire, ils doivent accepter de partager une partie de leur marge avec nous. Nous devons donc les fidéliser. Nous sommes en train d'apprendre à traiter les invendus avec eux. Nous négocions fournisseur par fournisseur. Quand tout sera rodé, nous pourrons dupliquer.
Etes-vous anxieux quant à l'avenir de Lily Sportive
L'avenir dira si nous sommes trop en avance sur le marché du sport ! C'est ma seule crainte. Aujourd'hui en sport, les segments homme et junior sont à - 7 % quand celui de la femme affiche + 5 %. Je suis donc optimiste. Par ailleurs, mon expérience fait que lorsque j'appelle le patron de Nike ou d'une autre grande marque, ils prennent le temps de m'écouter. C'est un réel atout ! En revanche, c'est devenu très compliqué et difficile de lancer une enseigne en France. D'une part, le coût de l'acquisition du droit au bail est surréaliste ! Je fais donc le pari que notre concept est suffisamment novateur pour intéresser les gestionnaires de centres commerciaux. Si c'est le cas, ils penseront à nous lors d'extension ou de rénovation comme à Val d'Europe. La contre-partie est que nous ne disposerons pas d'emplacement numéro un, ce qui est un réel handicap. Enfin, il faut aujourd'hui compter avec les tracasseries administratives qui sont légion. A tel point que si un jour je dois créer une nouvelle enseigne, ce ne sera pas en France car c'est devenu trop compliqué d'être un entrepreneur dans ce pays.
Quand déciderez-vous de dupliquer le concept
En octobre, nous saurons si nous pouvons créer d'autres boutiques en propre. J'y crois¦













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