Outils de Points de Vente.fr
  • Flux RSS

  • Suivez le flux RSS de Points de Vente.fr
  • Partager :

  • Texte :

  • Diminuer la taille du texte de Points de vente.fr
  • Augmenter la taille du texte de Points de vente.fr

- lundi 16 juillet 2018 -

Connexion au site Points de Vente.fr
Abonnement au site Points de Vente.fr
fermer la fenêtre d'inscription

Pour lire l'article

- Acheter l'article :

Vous pouvez acheter l’article à l’unité !

Pour avoir accès et lire intégralement l’article, vous devez acheter des crédits.

1 article = 3 euros

- S’abonner à Points de vente :

Et accédez à tous les articles et archives que vous souhaitez !

Nous vous proposons différentes formules (Equipe, magazine papier ou numérique)
pour recevoir le magazine chez vous, ses suppléments thématiques, les archives
ainsi que la newsletter bi-mensuelle.

- Identifiez-vous :

Mot de passe oublié

          

Vidéos de points de vente


Business,L'invité

> Retour aux catégories

L'invité

/

Jérémy Harroch, fondateur de Quantmetry DR

  • imprimer l'article
  • Envoyer par mail

Jérémy Harroch, fondateur de Quantmetry
”La voix, c’est la nouvelle interface utilisateur”

Avec une intelligence encore relativement limitée, les enceintes connectées font leur apparition sur le marché français. Demain, place aux “voice box”, nourries à l’IA et au machine learning, qui évolueront en interopérabilité avec tout un écosystème intelligent. Conversations complexes, personnalisation, prédiction, scenarii d’aide à la décision et transformation profonde de certaines activités, dont le retail. 

Quels sont les métiers de Quantmetry? 
Jérémy Harroch.
 Nous réalisons de l’ingénierie en Big Data et en intelligence artificielle sur quatre axes : la connaissance client, là où l’IA permet de proposer le bon produit, à la bonne personne, au bon moment, par le bon véhicule, de distribution ou de communication ; la détection de la fraude ; la maintenance en condition opérationnelle, autrement dit, la maintenance prédictive ; et la médecine connectée, essentiellement autour des IoT et de l’imagerie médicale afin de permettre au médecin de prendre plus rapidement des décisions. Ces quatre métiers ont en commun de s’appuyer sur un nombre important de données où l’algorithme de l’intelligence artificielle peut aider à automatiser ou à accélérer certaines tâches et, par-là même, à prendre des décisions. Avec, à la clé, un fort pouvoir de transformation de ces métiers.

Les assistants vocaux qui viennent d’être lancés en France pour le grand public sont-ils vraiment dotés d’intelligence artificielle? Quelles sont leurs limites? 
Le premier constat : c’est que nous sommes vraiment au tout début de l’arrivée des assistants vocaux. Aujourd’hui, on ne parle que des enceintes connectées. Mais, dans quelques années, nous pourrons parler à notre réfrigérateur pour lui demander s’il reste des yaourts et quelle est leur date de péremption. Autrement dit, la voix va devenir de plus en plus présente dans nos interactions.
Derrière cette réalité, le début de cette expérience autour de la voix centrée sur les enceintes connectées apparaît comme un gadget. Ici, on ne peut pas avoir de vraies conversations, aux structures complexes, avec un détail de raisonnement. Les requêtes restent très simples. D’ailleurs, les enceintes connectées sont quasiment exclusivement utilisées pour demander la météo ou lancer des playlists de musique. Certes, il existe de petits bouts d’intelligence artificielle très appréciables. Mais nous sommes loin de ce qui va se passer dans les prochaines années.
D’autre part, le business model privilégié par les différents acteurs est centré autour de l’objet lui-même. Autrement dit, on vous invite à acheter une enceinte à la technologie tout à fait basique. L’intelligence artificielle est, elle, déportée dans le cloud. Il y a donc un décalage entre le faire de croire que l’on achète de l’intelligence artificielle et se retrouver juste avec un micro.

Comment le marché va-t-il s’organiser? 
Probablement en plusieurs vagues. La première, c’est celle que nous vivons aujourd’hui, où le produit, tout nouveau, attire. Elle durera sûrement deux ou trois ans. Mais très vite, les clients vont se rendre compte qu’ils ont acheté quelque chose de relativement inutile. Viendront donc, ensuite, d’autres vagues. Celle de la déception, de la désillusion, pendant 5 à 10 ans, puisque les nouveaux modèles d’enceintes n’apporteront aucune technologie supplémentaire et que l’intelligence artificielle sera toujours déportée. Plus tard, à maturité, lorsque l’IA sera interopérée avec d’autres évolutions, comme la voiture autonome, les “voice box” dans les villes, dans les transports publics, au travail, alors oui, on pourra mener une réelle conversation intelligente et poussée, aller beaucoup plus loin dans l’interaction avec la voix, construire des scenarii d’aide à la décision. Par exemple, si vous avez une fuite d’eau, la voix pourra fournir une liste de plombiers, donner les avis des utilisateurs, estimer son heure d’arrivée, trouver les formulaires administratifs pour l’assurance, proposer de les imprimer, de les pré-remplir… Autrement dit, apporter de la valeur. 

Je pensais que c’était déjà possible… Notamment avec le machine learning…
C’est technologiquement possible, mais ce n’est pas le modèle qui a été retenu. Pour autant, la notion de machine learning, très présente en intelligence artificielle, l’est aussi dans les “voice box”. Sauf que son niveau d’intensité diffère selon la partie de valeur ajoutée apportée par la “voice box”. Par exemple, la partie ”détection de langage” est très mature et en constante progression. En revanche, la partie conversation, reconnaissance du langage, est loin d’être aboutie. Si l’on provoque des changements de contexte ou que l’on s’appuie sur des structures de phrases compliquées, le système ne comprend pas. Demain, les conversations seront beaucoup plus précises, personnalisées et prendront en considération tous les formats de discussion usuels.  Et la suggestion et la prise de parole libre feront partie du quotidien. La voix dira : “Bonjour, bienvenue. Vous êtes rentré plus tôt que d’habitude. Voulez-vous que l’on envisage de faire des courses? Je vois que dans le réfrigérateur, il n’y a plus grand-chose…”

Pensez-vous que les acteurs comme Amazon ou Google puissent recommander des produits et services via leurs enceintes connectées? 
Je ne pense pas que cela passera par un système de recommandation : c’est un peu intrusif et désagréable. Cela fonctionne quand le parcours client est complexe et séquencé, lorsque l’on est obligé de prendre une décision : là, la suggestion signifie amélioration. La voix fait appel à la concision : il n’y aura donc pas de suggestion. Je pense plutôt que les plateformes pousseront leurs produits. Et, il y a là, un véritable enjeu pour les marques qui vont devoir se positionner dans leur relation avec ces plateformes, pour s’assurer que lorsque l’on parle d’un produit générique, comme le café par exemple, elles sont bien référencées.

Comment les marques doivent-elles se positionner pour exister?
Elles vont surtout devoir développer une ingéniosité pour disposer de canaux de distribution autres que celui de la “voice box” où elles n’ont que peu de maîtrise : canal direct ou indirect, e-commerce, influenceurs marketing… On voit notamment se développer des plateformes décentralisées autour de la blockchain qui, demain, évolueront en ­marketplaces de petites marques. Pour ceux qui ne pourront faire autrement que de passer par les “voice box”, tout l’enjeu sera de créer un rapport affectif avec la marque qui dépasse le système.

Et en BtoB, les fonctionnalités d’aide à la décision peuvent-elles être connectées à différents outils comme le CRM ou les prévisions de vente? 
Complètement. Et ce d’autant que cela permettra de gagner du temps sur l’ensemble de microtâches que chacun doit gérer au quotidien. Mais l’avantage majeur réside dans la très importante amélioration de la qualité des données. Ainsi, lors d’une requête vocale en CRM, l’intelligence artificielle pourra dire : “J’ai 15 fiches pour Mr Martin ; puis-je considérer que la plus récente mise à jour est celle qu’il faut conserver et que je peux archiver les autres?”

Pour autant, aucun de vos clients n’est issu du retail? 
Pour l’instant. Mais nous avons des pistes de discussion très matures. D’abord, parce que la “voice box”, à destination des équipes commerciales, va s’appliquer à tous les réseaux de distribution. On peut imaginer, par exemple, qu’une fois la livraison de produits effectuée en magasin, la “voice box”, installée dans le véhicule, pose un certain nombre de questions au livreur lorsqu’il reprend sa tournée : la livraison s’est-elle bien passée? Est-ce que tout a été consommé depuis la dernière livraison? Quels sont les types de produits qui se sont bien ou moins bien vendus? Quels sont les produits concurrents? Ces informations vont, ensuite, renseigner directement toute la supply chain et la prévision des ventes.
Un autre sujet mature est celui de la traçabilité. En décrivant oralement les tâches effectuées, les collaborateurs contribuent à la connaissance du respect des process, des températures, des délais, etc.
Et puis, en point de vente, la “voice box” va, aussi, changer l’exigence des clients vis-à-vis des vendeurs. Au lieu d’attendre un vendeur peu qualifié qui va effectuer une recherche très longue sur un ordinateur pour savoir si le produit en question est en stock et à quel prix, il suffira au client de s’adresser à une “voice box” qui lui délivrera la réponse très vite. Au besoin, un vendeur expert viendra en renfort. Il saura déjà, via sa tablette ou son smartphone, quelle requête a été effectuée, pourquoi elle n’a pas abouti, et, surtout, détiendra la réponse. Il sera aussi force de proposition pour engager des ventes additionnelles. Donc, tous ces schémas de vente et ces requêtes vocales vont, à mon avis, très fortement réduire le nombre de vendeurs non experts, raccourcir les temps de vente et de passage en magasin et, sans doute, conférer à celui-ci un rôle davantage orienté vers le show-room.

Et demain? 
J’ai l’intime conviction que l’intelligence est en train de prendre une place très importante dans notre vie et que la voix est une des manières d’y accéder, sans doute la plus agréable. Autrement dit, la voix, c’est la nouvelle interface utilisateur. Il faut s’y préparer. Quand Internet est arrivé, nous n’imaginions pas la naissance des réseaux sociaux. Quand les smartphones ont fait leur apparition, nous n’imaginions pas l’évolution des applications. De la même façon, avec la voix, il va se passer des choses considérables.

Jérémy Harroch

Mathématicien et statisticien de formation, Jérémy Harroch est issu de la promotion X03 de l’école Polytechnique et diplômé de New York University. Il a commencé sa carrière dans la finance de marché. Formé dans des fonds de trading tels Lehman Brothers et Knight Capital Group, il s’est notamment spécialisé en arbitrage statistique et en trading algorithmique de très haute fréquence. En 2010, il est revenu en France pour créer Quantmetry, une société qui compte aujourd’hui 80 collaborateurs. Sa mission : accompagner les entreprises depuis les phases amont de leurs transformations data jusqu’à la conception et la mise en oeuvre de solutions opérationnelles d’intelligence artificielle. Quantmetry a, notamment, développé, en partenariat avec l’assureur Swiss Life, un assistant vocal B to B, à destination des commerciaux, basé sur l’intelligence artificielle. Jérémy Harroch revient sur sa conception des assistants vocaux, les “voice box”, qui devraient, demain, prendre une place importante dans notre environnement quotidien – domestique, public et professionnel –, comme moyen privilégié d’accéder à l’intelligence artificielle.

Propos recueillis par Catherine Batteux

FIL D'INFOSFlux RSS Points de vente


Newsletter

inscription

RECHERCHER

  • Consultation libre de nos archives de plus d'un an (+ de 17000 articles).
  • Formule payante pour les articles récents.

Abonnez-vous
dès maintenant !

Je m'abonne à Points de Vente