Outils de Points de Vente.fr
  • Flux RSS

  • Suivez le flux RSS de Points de Vente.fr
  • Partager :

  • Texte :

  • Diminuer la taille du texte de Points de vente.fr
  • Augmenter la taille du texte de Points de vente.fr

- mercredi 29 mars 2017 -

Connexion au site Points de Vente.fr
Abonnement au site Points de Vente.fr
fermer la fenêtre d'inscription

Pour lire l'article

- Acheter l'article :

Vous pouvez acheter l’article à l’unité !

Pour avoir accès et lire intégralement l’article, vous devez acheter des crédits.

1 article = 3 euros

- S’abonner à Points de vente :

Et accédez à tous les articles et archives que vous souhaitez !

Nous vous proposons différentes formules (Equipe, magazine papier ou numérique)
pour recevoir le magazine chez vous, ses suppléments thématiques, les archives
ainsi que la newsletter bi-mensuelle.

- Identifiez-vous :

Mot de passe oublié

          

Vidéos de points de vente


Business,L'invité

> Retour aux catégories

L'invité

/

Dominique Amirault, président de la Feef DR

  • imprimer l'article
  • Envoyer par mail

Dominique Amirault, président de la Feef
”Le réveil des citoyens entrepreneurs”

C’est parce qu’il en avait assez que des non-entrepreneurs écrivent sur les entrepreneurs, que Dominique Amirault a pris la plume. Humaniste convaincu, engagé depuis plus de 30 ans dans des démarches entrepreneuriales, président de la Fédération des Entreprises et Entrepreneurs de France (Feef) depuis 2012, il publie son premier ouvrage (et prépare déjà le deuxième) pour porter haut les couleurs d’un sujet qu’il connaît bien, celui de l’entrepreneur indépendant. Et en donner les clés de compréhension et de libération. C’est ainsi qu’est né Pour une République des citoyens entrepreneurs?!, un livre vif, pertinent, optimiste, libérateur, un de ces livres qui font réfléchir et procurent du bien-être. Fruit d’expériences personnelles et collectives, il se dévoile sous la forme d’un échange dynamique de questions-réponses avec Nicolas Doze, journaliste économique à BFM TV. Un ouvrage qui s’adresse à tous. Le réveil citoyen. “Car en tout citoyen, il y a un entrepreneur qui sommeille, glisse-t-il malicieusement. Il n’y a que l’homme qui crée de la valeur, pas les institutions, pas la technique, pas la finance. De ce fait, l’homme est au coeur de tout”. Pour Dominique Amirault, la solution, face à la crise, passe par la libération des hommes de toutes leurs tutelles et contraintes pour pouvoir s’épanouir, s’accomplir, se développer. Une libération à 3 niveaux de relations humaines dans la société : les hommes dans l’entreprise ; les relations commerciales entre l’entreprise et ses clients ; les relations politiques et citoyennes dans la Cité. 1,2,3 : ouvrez les yeux.

Dans votre ouvrage, vous appelez de vos voeux un réveil citoyen et une République des citoyens entrepreneurs. Que voulez-vous dire? 
Dominique Amirault.
 Notre système est à bout de souffle. Progressivement, il s’est déréglé et ne produit plus de développement, ni de bien-être. On nous a vanté la mondialisation heureuse. Mais elle a des impacts négatifs sur les classes populaires et moyennes. Les gens s’en rendent bien compte. C’est ce que j’appelle le réveil citoyen. Il s’exprime, notamment, au travers d’une perte de confiance dans les représentants politiques /et leurs institutions. En témoignent les exemples récents comme l’élection de Donald Trump ou le vote du Brexit. En France, le diagnostic est clair : les entreprises perdent en compétitivité et s’appauvrissent, le chômage structurel s’impose, les inégalités et les exclusions augmentent, la précarisation se développe. On nous a fait croire que la consommation – et la surconsommation – étaient source de développement et de bien-être?! Mais cette course à la croissance conduit au gaspillage de ressources, pourtant limitées, avec des conséquences néfastes sur l’écosystème de notre planète dont les principaux équilibres se trouvent bouleversés. Le décrochage en matière de croissance économique et de chômage que l’on connaît actuellement s’accompagne d’un délitement du “vivre-ensemble”. Une situation qui se caractérise, notamment, par une domination des grands groupes supranationaux sur les pouvoirs publics nationaux et les PME. Et favorise l’hyperconsommation, l’homogénéisation, la standardisation, la banalisation, confortées par les concentrations conduisant à l’économie de rentes, aux dépens de la liberté d’entreprendre. Les gens sont bien conscients de cela Car, vivant dans l’économie réelle, ce sont eux les sachants du terrain. Et ils sont aussi conscients que, sur le plan économique, ceux qui devraient redresser la situation, leurs représentants, sont complètement déconnectés de ce qu’ils vivent. Cette prise de conscience, ce réveil, ce n’est pas du populisme. Mais ceux qui veulent que l’on reste dans ce système – les auto-proclamés “sachants” – ont tout intérêt à dire que cette prise de conscience s’apparente à du populisme pour la discréditer. Cela témoigne bien que nos représentants n’ont aucune confiance dans leurs citoyens et, plus généralement, dans l’homme. Or, pourtant, ce sont les gens du terrain qui ont un savoir pratique. Ce sont eux les ­“sachants” car ils font (= savoir-faire). Il faut donc leur faire confiance. 

Vous évoquez pourtant une rupture avec le système qui fait, effectivement, écho à certains programmes politiques radicaux…
En effet, il y a une rupture. Mais elle est créatrice de valeur et de développement. Pour autant, je ne crois pas dans la lutte des classes. Je ne suis pas pour des ­solutions radicales au sens traditionnel. Je constate simplement que nous ne sommes plus, aujourd’hui, dans une logique humaine. En économie politique, nous avons tous appris que pour créer de la valeur, deux facteurs étaient nécessaires : le travail (l’homme) et le capital. Mais, aujourd’hui, on met les deux au même niveau. Or, celui qui crée de la valeur, de l’imagination, c’est l’homme ; le capital, n’étant qu’un moyen à son service?! À partir du moment où vous mettez le moyen au même niveau que l’objectif, vous créez indirectement un lien de subordination entre le capital et le travail. Ainsi, la finance a pris le dessus sur le système économique. Une situation que l’on retrouve dans le lien de subordination entre l’employeur et le salarié dans le contrat de travail. Ainsi, dans l’entreprise, nous avons reproduit le système hiérarchique et le lien de subordination issu de l’Ancien Régime. La relation de travail est envisagée sous la forme d’une relation dominant/dominé, instituant le travail comme variable d’ajustement et l’entreprise comme un lieu d’aliénation. Idée ridicule?! L’entreprise est un lieu de liberté dès lors que l’on remet l’Homme au coeur de l’organisation, car c’est lui qui crée de la valeur. 

Comment fait-on alors? 
Il faut donc faire confiance et écouter l’autre. C’est de la bienveillance. Quand on a confiance, on écoute, on n’impose pas, on échange, on ne se situe pas dans un rapport de domination : on est dans une négociation responsable, dans une démarche collaborative et créatrice de valeur où 1+1 = 3. Il faut associer, donner plus de responsabilités, progressivement, car beaucoup n’imaginent même pas avoir la capacité de pouvoir décider, tant on les a infantilisés. Et cela passe moins par des lois que par des changements de comportement qui doivent être initiés dès l’école où, aujourd’hui, on formate les enfants pour en faire des personnes asservies. Dans l’entreprise, le pouvoir doit s’exercer de bas en haut, et selon le principe de subsidiarité, être donné à tous les hommes dans une dynamique ascendante aidant à se projeter dans le long terme. Par solidarité, les plus forts doivent tirer les autres, le peloton vers le progrès. C’est l’esprit même de la démarche de progrès de l’entrepreneur. Et cette libération doit se faire dans l’entreprise, dans les relations commerciales et dans la Cité. À ceci près que pour être libre, il faut être indépendant?!

Liberté, indépendance, démarche ­collaborative… Quid de l’égalité?
Le problème, c’est que notre système économique n’est plus une économie de marché puisqu’il n’y a plus de concurrence réelle et que la démocratie représentative, telle que nous la connaissons, ne fonctionne plus correctement. Le dérèglement du marché et de la concurrence déséquilibre les relations commerciales du fait des concentrations, en amont comme en aval. Dans ce contexte, la loi du plus fort s’impose progressivement au détriment des entrepreneurs PME. Au-delà d’une approche collaborative et non conflictuelle, le renouveau de la relation commerciale doit passer par la voie contractuelle et non par la loi. Dans le même esprit, chaque entreprise doit pouvoir décider de son propre avenir collectif. Si, pour des raisons de survie de l’entreprise et de défense des emplois, tous collectivement, dans l’entreprise, nous sommes d’accord pour travailler davantage, il ne faut pas que ce soit empêché d’en haut. Enfin, il faut tenir compte de la spécificité des entrepreneurs indépendants qui ne peuvent être traités de la même manière que les groupes mondialisés : “ils ne boxent manifestement pas dans la même catégorie?!” Pour que la diversité, créatrice de richesses, puisse s’exprimer, il est nécessaire de reconnaître dans la Constitution un principe de différenciation comme le corollaire du principe d’égalité (formelle) pour permettre, dans les faits, l’égalité réelle.

Dominique Amirault : Il a débuté sa carrière en cabinets ministériels, à la Délégation interministérielle agroalimentaire, puis au Secrétariat d’état auprès du Premier ministre Raymond Barre, en charge des industries agricoles et alimentaires. Dans le début des années 80, il quitte la sphère publique et se lance dans l’aventure entrepreneuriale (Royal Champignon, DV des Salins du Midi, Ackerman, Soleou). Président de la Feef depuis 2012, il soutient les PME (de la TPE à l’ETI) et les entrepreneurs indépendants dans un partenariat collaboratif et créateur de valeurs avec les clients dont la distribution.

Le Feef en action

Créée en 1995, la Fédération des entreprises et entrepreneurs de France est un mouvement qui regroupe plus de 800 entrepreneurs indépendants. Sa vocation est de fédérer, représenter et promouvoir ces derniers auprès des enseignes de la grande distribution, de la RHF, du e-commerce et des GSS afin d’être un accélérateur relationnel et de business. Une démarche qui s’effectue, toujours, dans la co-construction et le dialogue. De manière plus institutionnelle, la Feef entend faire valoir le rôle des entrepreneurs PME (98 % des entreprises françaises) dans la sphère économique et sociale. Elle oeuvre, également, à la mise en place de mesures différenciées pour accélérer leur développement et assurer leur pérennité.

Propos recueillis par Catherine Batteux

FIL D'INFOSFlux RSS Points de vente


Newsletter

inscription

RECHERCHER

  • Consultation libre de nos archives de plus d'un an (+ de 17000 articles).
  • Formule payante pour les articles récents.

Abonnez-vous
dès maintenant !

Je m'abonne à Points de Vente
retirer la barre videos de Points de vente