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Supply chain
Les enjeux de la transparence

Une perte de la maîtrise de la supply chain. C’est l’un des constats dressés en ouverture de la table-ronde organisée, le 13 novembre dernier, par le groupe Développement Durable ESCP Europe Alumni sur le thème : “Transparence de la supply chain : impacts et enjeux environnementaux et sociaux”. 

Clairement, “depuis 30 ans, sous l’effet de la mondialisation des échanges, la chaîne d’approvisionnement est devenue à la fois plus globale, plus fragmentée et extrêmement complexe”, souligne Laurent Thoumine, managing director Retail France et Benelux chez Accenture. Les opérations sur l’ensemble de la supply chain (SC) se sont multipliées engendrant l’émergence d’une multitude de spécialistes sur chaque segment et l’accroissement exponentiel du nombre de fournisseurs internationaux. À tel point qu’aujourd’hui, les circuits d’approvisionnement offrent un visage difficilement lisible, avec un niveau de visibilité parfois complexe au-delà du second maillon. “Cette avancée progressive de la perte de la maîtrise des chaînes de fabrication et d’approvisionnement engendre, évidemment, un risque opérationnel et un risque financier associé”, souligne Laurent Thoumine. Car, sans maîtrise, fatalement, les risques de disruption sur la chaîne s’intensifient. En témoignent les alertes des dix dernières années. À l’image de l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh, en 2013, qui a provoqué la mort de plus de 1 138 ouvriers de l’industrie textile, le bâtiment abritant des ateliers de confection pour des marques internationales. Une catastrophe qui a créé un choc dans l’industrie et contribué à une prise de conscience des différents acteurs à travers le monde.

Tracer le plus en amont possible
Pour recouvrer cette maîtrise, certains modèles d’entreprises, très verticalisés, ont sans doute une longueur d’avance, l’intégration amont offrant une visibilité améliorée sur la chaîne. C’est par exemple le cas de L’Occitane qui, au-delà de ses usines de fabrication de ses produits cosmétiques, s’est construit sur un ancrage territorial fort et a bâti des filières durables d’ingrédients végétaux issus de ses terroirs. “Nos 5 ingénieurs agronomes travaillent à la traçabilité de plus de 70 filières agricoles. Une cinquantaine d’entre elles sont désormais labellisées bio puisque nous avons accompagné nos agriculteurs dans cette direction”, souligne Katia Michieletto, Sustainability in supply chain chez L’Occitane et présidente du Collège des enseignes de l’Association Génération Responsable. Pour Melvita, l’une de ses marques, l’entreprise a accompagné les filières argan et karité, notamment au Burkina Faso. “Cet accompagnement est possible grâce à notre proximité et au peu d’intermédiaires entre nos équipes et ces filières, ajoute-t-elle. Au-delà, nous engageons une politique d’achats responsables sur l’ensemble des filières, même non agricoles, afin d’être en cohérence avec notre promesse de traçabilité, d’authenticité et de durabilité. Nos principes RSE doivent être connus de nos filières afin d’aider nos fournisseurs à identifier les risques”. 
Avec une volonté stratégique d’intégration depuis 50 ans, Les Mousquetaires, en tant que producteurs/commerçants bénéficient, également, d’une visibilité améliorée sur sa SC amont. “Mais cela nous donne, aussi, davantage de responsabilités en termes de filières”, souligne Olivier Touzé, directeur Qualité et Développement Durable chez Intermarché. La moitié des MDD du groupement est fabriquée dans ses unités de production et l’autre moitié par quelque 1 000 fournisseurs avec lesquels Les Mousquetaires développe de grands programmes de transformation de filières. C’est notamment le cas pour la filière pêche où le Groupement – 1er armateur de pêche fraîche en France avec 23 navires – s’est engagé dans un Plan de progrès visant à proposer, à l’horizon 2025, une pêche fraîche 100 % durable et responsable avec, à la clé 50 M€ d’investissement sur 10 ans : transformation de la flotte, modification de ses cahiers des charges, diversification des activités, arrêt de la pêche en eau profonde, tout en maintenant l’emploi et la compétitivité dans la filière. Une démarche d’amélioration continue construite sur un schéma de partage entre les parties prenantes : ONG comme Bloom, experts comme l’Ifremer, spécialistes de l’aquaculture etc. “C’est ce que nous voulons faire sur l’ensemble de nos ­filières”, indique Olivier Touzé qui rappelle que Les Mousquetaires avaient démarré un programme sur la suppression de l’huile de palme, dès 2010, sans doute trop tôt : “Nous nous étions donnés 5 ans pour changer les choses. Nous n’avons pas réussi… c’était difficile… les gros faiseurs ne voulaient pas changer les choses. Notre nouvel objectif est fixé à 2020. Nous avons changé d’approche en privilégiant la traçabilité. Nous sommes remontés petit à petit tout au long de la chaîne, en interrogeant nos filières, en passant derrière ces grands groupes. Aujourd’hui, 70 % de notre huile de palme est tracée jusqu’au premier importateur. Nous allons remonter jusqu’aux fermes productrices. Il y a encore du chemin.” Sur l’ensemble des filières, le Groupement se déplace sur le terrain, cherche à comprendre le travail des producteurs en amont plutôt que d’imposer des critères. 

Cartographier les risques
Chartes qualité, chartes d’achats responsables, codes de bonne conduite, audits qualité… Pour identifier et cartographier les risques environnementaux, éthiques ou sociaux, les outils classiques ne sont plus suffisants pour garantir une transparence très en amont de la SC. De son côté, Les Mousquetaires a choisi de travailler avec SGS associé à Transparency-One afin de cartographier les filières. Sur le bio, par exemple, où le Groupement travaille avec 200 fournisseurs (400 références de produits à marque) “nous avons aujourd’hui intégré 4 000 producteurs et fournisseurs dans l’outil. Nous n’embarquons pas le rang 2. SGS nous aide à interroger les fournisseurs, à les motiver pour entrer dans la base. La traçabilité, c’est le premier chemin vers la transparence, vers la connaissance de nos filières”, souligne Olivier Touzé.
De son côté, Katia Michieletto estime qu’il est “très compliqué d’obtenir, sur la totalité de la SC, la vision et le contrôle qui garantit qu’il n’arrivera jamais rien de dommageable. Mais on est là sur une notion de gestion de risques, pas sur de la RSE au sein de la SC. Car c’est complexe. Cela représente une quantité d’informations à sommer qu’il est juste impossible d’effectuer à l’échelle d’une entreprise. Les seuls outils mobilisables sont les ressources mutualisées”. L’Occitane a, par exemple, travaillé seule pendant un an sur les achats d’éléments de merchandising. Les équipes sont allés sur le terrain interroger 130 usines au Brésil, en Chine, aux états-Unis. “On ne peut pas effectuer ce travail sur l’ensemble des filières. Nous avons donc priorisé les catégories d’achat sur lesquelles travailler et à quelle profondeur de SC. Et nous faisons partie de plateformes collaboratives mutualisant l’information”, ajoute-t-elle. 

Les approches collectives
“Si les 4 000 plus grandes entreprises mondiales se mettaient à prendre des initiatives dispersées d’audits de fournisseurs et de cartographies des SC, ce serait problématique. Les approches collectives constituent une solution”, estime Maylis Souque, secrétaire générale du Point de Contact National (PCN) français de l’OCDE. Selon elle, il est fondamental de prioriser les pays, les produits ou les fournisseurs les plus à risque. Elle rappelle que dans certains cas, le donneur d’ordres peut être responsable de certains aspects des déficiences. “Mais le plus souvent, le donneur d’ordres, seul, ne pourra pas agir pour corriger les déficiences systémiques dans les pays de sourcing. Donc, le recours aux initiatives collectives est primordial”, ajoute-t-elle. Et ce pour deux raisons. D’abord afin de mettre en commun les informations et d’éviter que chacun réalise des audits dans son coin, pas forcément avec le même référentiel. Et, d’autre part, pour adresser ensemble les risques systémiques, soit par des initiatives pluripartites, soit par des initiatives industrielles collectives. “Il est donc désormais important de travailler à l’alignement des initiatives collectives sur les standards internationaux de la RSE. Cela a commencé par le minerai et se poursuit, désormais, sur l’approvisionnement agricole responsable”, souligne Maylis Souque. Un rapport vient d’être publié qui décrit le projet pilote que mène l’OCDE qui réunit 27 entreprises de tout type d’acteurs de la chaîne (producteurs, intermédiaires, distributeurs, secteur financier). Deux maillons faibles ont été identifiés : les risques fonciers et leurs impacts sociétaux ; et l’engagement avec les parties prenantes. Pour y remédier, l’OCDE organise des ateliers afin que les membres partagent leurs meilleures pratiques et échangent avec des experts. Une démarche similaire a, également, démarré sur le secteur textile.

Par Catherine Batteux

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