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Xavier Personnic

Xavier Personnic, senior manager au sein du département Supply Chain & Operations, Ernst & Young Advisory.

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Supply chain finance collaborative
Pour un approvisionnement efficace

Tous les acteurs de flux de commerce international y trouvent un bénéfice. Réduction de prix, visibilité sur le casflow, fiabilité des approvisionnements, leviers d’accès au crédit… Tour d’horizon des avantages de la supply chain finance collaborative au service de la distribution.

Les flux administratifs et financiers (y compris les solutions de financement pour les fournisseurs) sont généralement traités par des processus spécifiques peu coordonnés avec le suivi des commandes, la gestion de l’approvisionnement et de l’acheminement physique des marchandises. Cette désynchronisation tend à faire émerger des risques “inutiles” pour la supply chain. Une Supply Chain qu’il est, en outre, toujours difficile d’équilibrer d’un strict point de vue opérationnel entre le niveau de la demande des clients finaux et les plans d’approvisionnement fournisseurs. En effet, l’image des stocks planifiés disponibles à la vente peut, en particulier, se trouver faussée.
Au-delà de la synchronisation des flux documentaires, les acheteurs (enseignes, marques) et les fournisseurs attendent de leurs partenaires financiers (banque, Coface…) des services améliorant cet aspect de la supply chain (par exemple via le remplacement de la lettre de crédit par un équivalent automatisable pour les flux “grand import”).

Au global, on constate donc un manque d’alignement des informations et objectifs entre :
la supply chain opérationnelle (achats, approvisionnements, logistique, planning, côté acheteurs ; suivi commandes, expéditions, logistique, côté fournisseurs) ;
la fonction finance (pilotage des flux de trésorerie à la fois côté acheteurs et vendeurs) ;
les acteurs bancaires (gestion protection de paiement, financements) ;

Ce manque d’alignement a conduit à l’émergence des processus collaboratifs de supply chain finance (SCF).

A ces acteurs de base peuvent venir s’ajouter des fournisseurs de second rang (comme les fournisseurs de matières premières), des prestataires logistiques (forwarders), des organisations locales de contrôle qualité…
La supply chain finance est donc la combinaison d’offres de financement pour le commerce international fournies par des institutions financières et d’une plate-forme technologique qui relie les partenaires commerciaux aux institutions financières en gérant les impacts financiers liés à la survenue d’un ou de plusieurs événements sur une supply chain de biens industriels ou de consommation.
Ces avancées ont une importance stratégique pour les directeurs financiers, les responsables de trésorerie, les directeurs supply chain et achats et les responsables commerciaux quelle que soit la taille des entreprises acheteuses.
En effet, de nouveaux montages financiers combinés à des plateformes technologiques sont en train de parvenir à maturité pour traiter les initiatives SCF.
Ces plates-formes Internet de type “cloud computing” gèrent un triangle d’acteurs de base (acheteurs, vendeurs, organismes financiers), sachant que d’autres intervenants de type prestataires logistiques et transport, organismes locaux de contrôle, douanes… peuvent, également, devenir souscripteurs pour gérer leurs interactions propres avec le triangle de base. Les principaux acteurs du marché revendiquent des milliers de souscripteurs et des flux commerciaux en dizaines de milliards d’euros/dollars annuels.
Un facteur clé de succès d’un programme de SCF est d’arriver à une compréhension, par l’ensemble des partenaires commerciaux, de l’intérêt mutuel à réduire le coût complet de la supply chain et les risques associés.

Ainsi, des coûts élevés et de longs délais d’exécution de processus d’opérations financières et des flux documentaires correspondants (en gestion manuelle le plus souvent) sont une source de problèmes pour le vendeur et l’acheteur. Mettre en œuvre une plate-forme technologique commune diffusant une information unique “en ligne” et en temps réel des états financiers et documents afférents peut réduire leurs coûts opérationnels et améliorer la visibilité et la cohérence à la fois sur les flux physiques et sur les flux financiers, y compris lors d’ajustements de commandes ou de livraison (quantités/délais) ou de tout autre événement affectant la supply chain.

Les flux présentés ci-après illustrent des offres de services disponibles ne requérant ni infrastructure interne, ni maintenance logicielle pour l’ensemble des acteurs. Ces derniers deviennent, de fait, des souscripteurs à une plate-forme de services avec un paiement basé sur l’utilisation des services par rapport aux volumes commerciaux échangés (% fixe du montant des factures générées le plus souvent).

On distingue trois étapes principales dans cette synchronisation de flux :
Passage des commandes d’approvisionnements avec mise en place des services bancaires de financement et de sécurisation du paiement côté fournisseur ;
Suivi des commandes avec amendements possibles jusqu’à expédition avec une facturation 100 % fiable en ligne synchronisée avec le flux de paiement ;
Ajustements des paiements après réception/contrôle marchandises.

En résumé, la Supply Chain Finance Collaborative crée une situation unique où tous les acteurs d’un flux de commerce international (vendeurs, acheteurs, institutions financières) trouvent un bénéfice.
Là où les acheteurs seront satisfaits de l’obtention d’une réduction de prix sur les biens approvisionnés, d’une visibilité améliorée sur le cash-flow et d’une augmentation de la fiabilité de leur base d’approvisionnement, les vendeurs pourront profiter de la même visibilité de leur cash-flow et de leviers d’accès au crédit des acheteurs pour réduire leurs coûts en capital investi. Ils pourront également obtenir de meilleures conditions de financement et accéder à des solutions optimisées de protection de paiement.
Dans le même temps, les institutions financières qui demandent toujours à se rapprocher des besoins opérationnels de leurs clients pourront couvrir des besoins supply chain invisibles pour eux jusqu’à présent et donc augmenter leur offre en termes de nombre d’opérations ou de services financiers. Les entreprises désirant se maintenir à la pointe de l’innovation peuvent donc être certaines de profiter rapidement des gains liés à la mise en place d’une SCF construite autour d’une plate-forme technologique collaborative.

Xavier Personnic, senior manager au sein du département Supply Chain & Operations, Ernst & Young Advisory.

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