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Continent Ensembles, Promodès et Casino pèseraient 170 milliards de francs. Resterait à combler les lacunes de l'international.

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CASINO
Questions sur l'éviction de Plassat

Pour les actionnaires de Casino, c'est le conseil de surveillance qui définit la stratégie du groupe stéphanois et non son manager, Georges Plassat. L'analyse de ce dernier sur l'avenir du groupe lui a fait perdre sa place. Un départ qui laisse bien des questions ouvertes. Un rapprochement est-il en vue ? Avec qui et pour quoi faire ? Tout laisse penser que les rumeurs de rapprochement restent fondées. Avec Promodès ou Tesco ?

Ce n'est qu'une demi-surprise. L'annonce, le 6 mai dernier, de la décision du conseil de surveillance de Casino de mettre fin aux fonctions de Georges Plassat, président du directoire, n'a fait que confirmer les supputations des observateurs. Dans le groupe stéphanois, c'est le conseil de surveillance, et plus particulièrement l'actionnaire majoritaire, Jean-Charles Naouri, qui dispose du droit de parole et décide des orientations stratégiques. Et, en aucun cas, Georges Plassat. Qui était passé outre en donnant une interview aux échos le 21 avril, dans laquelle il évoquait la nécessité de créer un groupe à 200 milliards de francs de CA. « Au manager la gestion, aux actionnaires la stratégie », a même tenu à rappeler Antoine Guichard. Mais, surtout, les actionnaires de Casino auraient pu passer l'éponge sur cette escapade médiatique si... elle n'avait pas mis en lumière les divergences - connues - entre Georges Plassat et Jean-Charles Naouri sur l'avenir du 5e groupe de distribution français. Et ce à un moment oû l'on prête à Casino des velléités de rapprochement et de partenariat avec d'autres groupes de distribution. Promodès ou Tesco pour ne citer que les cas de figures les plus plausibles. Cette éviction, après le départ d'Yves Martin, pose néanmoins plusieurs questions sur la stratégie de Casino.

Une définition différente de la taille critiquePremièrement, les deux hommes forts de Casino ont-ils jamais été sur la même longueur d'onde  « L'interview de Georges Plassat, c'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase », confirme un analyste. Dès sa nomination à la présidence du directoire, on savait que ses rapports avec Jean-Charles Naouri allaient être difficiles. « Ils devront s'entendre » avait lancé Antoine Guichard lors de son départ. Sans trop y croire  Jamais, les deux hommes n'ont semblé faire cause commune. Ainsi, en mars, lors de la présentation des (bons) résultats pour 1996 de Casino, Georges Plassat avait balayé l'idée d'un rapprochement avec Promodès. « Une telle éventualité est tout à fait prématurée » avait-il annoncé. Pourtant, en automne, la rumeur, persistante, avait couru. Et Jean-Charles Naouri ne s'était pas privé de la nourrir. « S'il devait y avoir de nouvelles grandes manoeuvres, nous ne resterions évidemment pas sur notre quant-à-soi », déclarait-il aux échos. Et le milieu des affaires se mettait à spéculer. En novembre, le titre Casino s'envolait. Mais, jusqu'à présent, la rumeur ne s'est pas concrétisée. Et voilà qu'au printemps, les discours s'inversent. Pour Georges Plassat, un rapprochement semble inéluctable pour atteindre la taille critique. « Il faut bâtir un nouveau groupe français de 200 milliards de francs de chiffres d'affaires, puissamment intégré et multiformat » déclare-t-il dans son interview. Un son de cloche différent de celui exprimé par l'actionnaire principal dans La Tribune, le 21 avril. Car, pour Jean-Charles Naouri, Casino a atteint cette fameuse taille critique en franchissant « la barre mythique des 100 milliards de francs de volume d'affaires ». Selon lui, le groupe « est dorénavant en position de décider seul de son propre avenir ». Même s'il reconnaî que Promodès est « un des partenariats possibles ». Alors, deuxième question, pourquoi Georges Plassat s'est-il laissé aller à formuler l'hypothèse d'une concentration  En s'engageant sur ce terrain, il ne pouvait pas ignorer qu'il s'asseyait sur un siège éjectable. Situation inconfortable, que même son bilan - positif et salué par les actionnaires - ne pouvait empêcher.

Un pouvoir de négociation fragiliséMais il s'est engagé sur ce terrain parce qu'il avait, sans doute, vu juste. « L'analyse de Georges Plassat est fondée. Mais il a parlé trop vite, concède un analyste. Il a cherché à affirmer son rôle de manager quelles que soient les orientations prises par le conseil de surveillance. Mais ce n'était pas le bon moment. Et Antoine Guichard a lâché son dauphin ». En effet, le moment semble mal choisi. Dans quelques mois, Jean-Charles Naouri devra faire un choix : se renforcer dans le capital de Casino ou en sortir en empochant une plus-value. En novembre, Rallye, par le jeu de droits de vote double, montera à 40 % des droits de vote de Casino. Ce qui l'obligera à déclencher une OPA. Mais Jean-Charles Naouri n'en a pas les moyens. Pourtant, il a maintes fois annoncé qu'il ne renoncerait pas à sa participation dans le capital de Casino. Dans ces conditions, une OPE (offre publique d'échange) semble être la solution la plus appropriée. Mais voilà, en affirmant que Casino doit conclure des alliances pour poursuivre son développement, Georges Plassat fragilise le pouvoir de négociation de Jean-Charles Naouri. Même si ce dernier n'a jamais caché que cette orientation était étudiée. « Peut-être Georges Plassat pensait-il que l'actionnariat ne le jugeait pas être l'homme de la situation pour mener et diriger un rapprochement et il a voulu montrer que la stratégie était également de ses compétences   », interroge un observateur. Mais ses excès de langage ne lui ont pas été pardonnés. Même par Antoine Guichard qui a tenu à rappeler que « la rénovation du groupe réalisée ces dernières années doit permettre la poursuite d'un développement nécessaire » et que « la clé du succès repose sur un accord profond entre les organes sociaux de l'entreprise (Conseil de Surveillance et Directoire) ». Une déclaration qui, loin de dissiper les rumeurs de rapprochement, laisse la porte ouverte à toutes les hypothèses. L'échéance de novembre accélérera-t-elle le mouvement  Et, troisième question, qui sera l'élu 

Promodès ou Tesco/Cora  Promodès tient toujours la corde. Réunis, les deux groupes pèseraient près de 170 milliards de francs. Et distanceraient leurs principaux concurrents. Plusieurs facteurs pèsent en faveur de ce schéma. Avec l'instauration de la loi Raffarin, les deux groupes ne peuvent compter que sur une croissance externe par fusions et acquisitions. Jean-Charles Naouri n'a d'ailleurs pas exclu « des opérations de croissance par acquisitions au rythme de 5 à 10 milliards de francs par an ». Face aux 119 hypermarchés d'Auchan et 117 de Carrefour, Casino et Promodès, seuls, ne pèsent pas lourds. Alors qu'ensemble, ils représenteraient plus de 200 unités. « Atteindre la taille critique est une chose, mais ce n'est pas tout. Le gâteau ne grossit plus et les concurrents s'octroient déjà les plus grosses parts. Casino et Promodès pâtissent d'un certain retard », souligne un analyste. Ensemble, leur part de marché s'élèverait à près de 17 %, contre 10 % (Promodès) et 7 % (Casino) actuellement. Une perspective alléchante qui les hisserait au premier rang, au côté de Leclerc. Sur le plan commercial, Promodès et Casino ressemblent également au groupe multiformat décrit par Georges Plassat. Car les deux groupes travaillent l'hypermarché, le supermarché et le magasin de proximité. Et tous deux ont engagé une refonte de leurs magasins. Refonte qui commence à porter ses fruits. Reste que sur le plan géographique, cette complémentarité est encore à démontrer. Dans certaines régions (l'ouest et le sud-est) les magasins sont en concurrence directe. Mais des aménagements sont toujours possibles. Sur le papier, une alliance entre les deux groupes semble, donc, évidente. Mais, financièrement, elle l'est mois. Pour les milieux boursiers, elle se ferait par OPE. En novembre, ils s'étaient avancer à établir sa parité : une action Promodès contre six Casino. Mais le titre de Casino n'a cessé de croîre. « Le différentiel entre les deux titres est devenu trop important, remarque un analyste financier. Difficile de penser que Promodès s'engagera à ce prix là ». D'ailleurs, pour l'instant, Paul-Louis Halley a tenu à démentir « catégoriquement » toutes les rumeurs. Si ce rapprochement ne se confirme pas, une autre solution semble émerger. « Celle d'un trio : Casino, Tesco, Cora », émet un proche du groupe. Il est vrai que les concepts développés sont voisins. « N'a-t-on pas souvent entendu dire que les magasins Match sont les Casino du Nord et les supermarchés Casino, les Match du sud ». Ce 'mariage' est loin d'être une nouveauté. Il avait déjà été annoncé en 1991. Mais la donne a changé. Carrefour détient désormais 41,4 % du capital de Cora et dispose de la minorité de blocage. Difficile de penser que le numéro 1 français se laissera déposséder de son bien. « Carrefour pourrait être le perdant dans cette histoire. S'il ne parvient pas à augmenter sa part du capital, restera-t-il indéfiniment chez Cora   » tient à rappeler un consultant. Le trio ainsi constitué aurait également une vraie dimension internationale et s'appuierait sur une centrale d'achats performante offrant de belles perspectives de développement en Europe. Ce que recherche, aujourd'hui, Casino qui a prévu l'ouverture de quatre nouveaux hypermarchés en Pologne. Deux cette année et deux autres en 1998. Et qui a planifié la création de deux Géant à Taïwan et d'un en Uruguay l'année prochaine. Partenariat ou pas, c'est maintenant à Christian Couvreux, nommé président du directoire, de maintenir le cap défini par son prédécesseur. Une arrivée qui n'a en rien brisé l'élan boursier. A l'annonce du départ de Georges Plassat, le titre s'est maintenu à 272 francs (-1,27 % par rapport au cours précédent). D'ailleurs, les actionnaires ont transmis un signe clair aux milieux boursiers : ce n'est pas l'opérationnel qui décidera de la stratégie, mais bien Jean-Charles Naouri.

Stépnane Le Hénaff

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