Quel est votre modèle de gouvernance?
Coop Atlantique est une société anonyme coopérative au capital variable, avec un Directoire et un Conseil de Surveillance. Les membres du Directoire sont nommés par le Conseil de Surveillance, qui lui-même est élu par l’Assemblée générale des sociétaires. Chaque année, nous avons une quarantaine d’Assemblées et chacun vote pour ses représentants au Conseil de Surveillance et choisit son président. Ce dernier suit tout ce qui se passe dans la coopérative. C’est l’exécutif.
Qui sont les coopérateurs?
Nous sommes une coopérative de consommateurs, les sociétaires sont donc des clients de magasins. Si demain, un consommateur se rend dans un magasin Coop Atlantique, il peut acheter une action à 7 euros, et donc être présent à l’Assemblée mais, aussi et surtout, participer aux débats. C’est le client coopérateur qui décide chez nous?! Nous avons à l’heure actuelle environ 384 000 sociétaires. C’est la forme la plus ancienne de la coopérative en France. C’est à l’époque de la pauvreté que ce système s’est mis en place avec des règles précises et, notamment, selon le principe de : un homme =?une voix. Et des règles qui tiennent au partage des résultats dans les coopératives et, en particulier, chez nous où les réserves ne sont pas partageables. Nous sommes davantage dans une stratégie qui nous permet d’être socio et de protéger nos investissements. D’ailleurs, nos d’actionnaires ne sont pas là pour faire des profits, pour placer leur argent. Les coopérateurs profitent de l’activité de la coopérative. Il n’y a donc pas de spéculation. Nous ne sommes pas opéables.
Quelles sont alors les valeurs de la coopérative?
Proximité, solidarité et réinvestissement. Nos valeurs sont clairement fondées sur l’entre-aide. Une base que l’on a d’ailleurs retrouvé en entrant chez Système U Ouest. Être coopérateur fait que nous avons une double qualité : nous sommes à la fois sociétaire (actionnaire de l’entreprise) et, en même temps, client.
Nous sommes également très centrés sur le consommateur. Nous travaillons beaucoup avec les syndicats. Dans les six dernières années, nous avons signé plus de 80 accords d’entreprises. Donc, nous revendiquons, aussi, une forte tradition de dialogue social. Et puis, quand on parle de valeur, on parle, bien sûr, de durabilité, de pérennité. Quand nous recevons les capitaux coopératifs, nous avons pour mission de les transmettre... Ainsi, pas de délocalisation possible, nous transmettons aux générations futures. En fait, nous défendons le pouvoir d’achat, la proximité de service, la qualité des produits et l’information au consommateur. Notre vocation est donc de commercialiser des produits sains au juste prix, c’est-à-dire celui qui permet à tout le monde de vivre.
Vous évoquez la coopérative de Système U. Justement, pourquoi avoir quitté Carrefour et rejoint Système U Ouest, en janvier dernier?
D’une part parce qu’on était dans une spirale dangereuse pour nous et puis, nous n’avions pas de synergie possible avec Carrefour. Nous ne voulions pas non plus être inclus dans la mauvaise image du distributeur... Il y a eu aussi des erreurs stratégiques. Nous voulions faire du Drive mais la formule n’existait pas chez Carrefour. Alors que tous les concurrents l’ont développé…
Aujourd’hui, cela a changé. Ce qui est intéressant avec la coopérative Système U Ouest, c’est que nous partageons les mêmes notions de pérennité et de solidarité entre les membres. Nous retrouvons, chez Système U, ce respect du consommateur, ainsi que nos valeurs. Car, il est essentiel de penser aux trois parties prenantes (producteur, distributeur et consommateur). C’est notre culture historique et c’est bien ce que revendique Serge Papin à travers sa coopérative.
Quel est l’intérêt pour les consommateurs de rejoindre votre coopérative?
Je crois que notre originalité réside dans la participation aux décisions de la coopérative. Encore un point commun avec Système U. Les coopérateurs décident de ce qui doit se passer. Ce qui les guide est bien l’intérêt des consommateurs. C’est clairement eux qui ont les manettes. Nous intégrons donc le consommateur dans notre réflexion dès le producteur régional.
Quelle est alors votre mission au sein de la région?
Nous y apportons un volume d’emplois et de recrutement régulier, ainsi que des relations privilégiées avec les producteurs locaux. Nous participons à la vie de la région à travers les chambres consulaires, les OPCA, la formation, le soutien au milieu associatif, la formation des jeunes consommateurs ou la défense des consommateurs.
Coop Atlantique s’est donc fixé des enjeux?
Oui. Nous en avons même plusieurs. D’abord, notre premier enjeu est de maintenir le plus possible d’emplois directs ou indirects. Et, comme je le disais précédemment, l’autre point central est la formation. Nous revalorisons et formons aux métiers de bouche. C’est capital pour nous. Nous avons également créé une école. Nous proposons des forums de recrutement en magasin, des formations internes… Et puis, nos projets sont aussi basés sur la coopération avec le monde agricole et les producteurs locaux. C’est aussi l’objectif de Système U… Enfin, il est essentiel pour la coopérative de dire ce que nous préconisons entre l’agriculture conventionnelle et le bio. Manger sain est bien un enjeu pour les consommateurs?!
Finalement, quel est votre objectif?
C’est de rester leader de la distribution régionale. Comme toutes les entreprises, nous avons des objectifs à court terme, c’est-à-dire développer le chiffre d’affaires et maintenir les marges. À plus long terme, notre mission est donc, encore une fois, de transmettre aux générations futures une entreprise qui crée les emplois de demain et le bien-être de ses propriétaires, les consommateurs.
Dans ce cas, pensez-vous que la coopérative est le modèle de demain?
Nous avons des idées généreuses. Si la société adoptait un modèle coopératif, il n’y aurait pas les spéculations qui apparaissent, aujourd’hui, de tous côtés. L’argent placé dans les entreprises servirait l’homme. Car la finalité de notre coopérative est bien d’être au service de l’homme.
Chiffres clés
907 C’est le montant en millions d’euros de CA HT consolidé.
22,7 C’est le montant en millions d’euros d’investissement.
300 C’est le nombre de points de vente dans 14 départements, du Centre-Ouest, entre la Loire et la Garonne.
1er employeur de la région avec 4 300 collaborateurs et prés de 400 000 associés.













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